Le bonheur des uns, le malheur des autres

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Le bonheur des uns, le malheur des autres

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Un gros goéland marin qui termine les restes d'un copieux repas, abandonné par un pygargue à tête blanche. Les grosses carpes du Saint-Laurent font les délices de plusieurs espèces.

Le Soleil, Jacques Samson

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) L'observation d'un oiseau inhabituel dans nos régions fascine toujours les ornithologues, qu'ils soient amateurs ou professionnels, mais ce petit bonheur pour les amateurs d'oiseaux peut être l'annonce d'une catastrophe pour les espèces qui habitent ce territoire.

Dans une dépêche de La Presse Canadienne en provenance de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, l'ornithologue David Christie commente cette nouvelle situation en qualifiant ces oiseaux venus d'ailleurs de «premiers réfugiés du climat» et il s'inquiète de cette nouvelle donne.

«Les changements climatiques pourraient être responsables de la croissance des populations d'oiseaux qui s'établissent de manière permanente au Nouveau-Brunswick», précise la nouvelle.

Dans cette province, comme ailleurs au pays, on observe de plus en plus au nord des espèces qui jusque-là habitaient au sud. Au Nouveau-Brunswick, on observe de plus en plus fréquemment des espèces comme le troglodyte de la Caroline et le pic à ventre rouge.

Les experts associent cette migration vers le nord aux températures moyennes devenues plus chaudes et aussi à l'abondance de nourriture qu'apportent ceux qui installent des mangeoires sur leur terrain.

«L'ornithologue David Christie a indiqué que certains observateurs sont sans doute excités par l'arrivée de ces nouvelles espèces, mais il s'inquiète de l'impact qu'elles auront sur les populations locales»,  conclut la dépêche.

Oui c'est inquiétant, même très inquiétant. L'arrivée d'une nouvelle espèce dans un territoire donné perturbe nécessairement les espèces vivant dans ce milieu. On n'a qu'à se rappeler l'introduction du moineau domestique dans nos régions, qui a pratiquement causé la disparition du merlebleu de l'Est. N'eût été de l'intervention d'un petit groupe de visionnaires, il y a quelques années, cette espèce serait complètement disparue de notre coin de pays.

La situation au Québec n'est pas différente de celle du Nouveau-Brunswick. Ici aussi on observe des espèces inhabituelles. Je vous rappelle juste ma récente chronique sur la présence dans Portneuf d'un pinson des arbres et d'un autre au Saguenay?Lac-Saint-Jean.

Que faisaient chez nous ces oiseaux? Avaient-ils migré seuls? Avaient-ils été charriés par un grand vent et transportés jusque chez nous? Étaient-ils restés prisonniers sur un bateau et rendus ici ont recouvré leur liberté?

Toutes ces hypothèses sont bonnes, mais quoi qu'il en soit, il faut s'interroger sérieusement sur l'avenir. Avec tout ce mouvement planétaire de changements climatiques, il y a des espèces qui disparaîtront.

Tryphon

Notre ami Tryphon est un cachalot qui a vécu toute une mésaventure il y a quelques jours. Le 9 juin, des croisiéristes dans la région de Sept-Îles ont remarqué la présence de ce cachalot empêtré dans les câbles de casiers pour crabes installés par des pêcheurs.

L'incident a été signalé au Réseau d'urgences pour les mammifères marins et, dès le lendemain, une équipe composée d'agents de Pêches et Océans Canada et de spécialistes de la Station de recherche des îles Mingan (MICS) a été dépêchée.

L'intervention de sauvetage n'a pu avoir lieu le jour même, la nuit tombante empêchant toute action. Quand il s'agit d'un animal comme le cachalot, il faut jouer de prudence. S'il se sent menacé, il peut devenir extrêmement dangereux.

Dans un premier temps, le lendemain, les pêcheurs ont réussi à libérer Tryphon de 13 casiers, et ce, après de longues heures de travail. Tryphon a enfin repris le large en apparente bonne forme, mais on s'est aperçu qu'il traînait toujours un cordage.

Le signalement de Tryphon a été immédiatement donné à toutes les embarcations possibles et imaginables afin de le retrouver et de l'aider à se libérer de ce dernier cordage.

Le 15 juin au matin, devinez où Tryphon était rendu? Il a été repéré aux Bergeronnes, à 400 km de Sept-Îles. Aucun doute que c'était Tryphon : il avait ses cordes autour de la tête et au niveau de la nageoire dorsale.

On a alors dépêché une autre équipe pour intervenir le lendemain matin, mais Tryphon a disparu et au moment où j'écris ces lignes, il n'a pas été revu.

Alors, si vous êtes dans cette région et que vous repérez un cachalot avec des cordages autour du corps, vous pouvez signaler sa présence en composant le 1 877 7baleine ou le 1 877 722-5346.

Ces numéros sont aussi valables pour n'importe quel signalement de mammifère marin en difficulté. Pour identifier un cachalot, voici quelques indications : «On reconnaît le cachalot à son souffle oblique, son allure de sous-marin, sa peau sombre et plissée et la grande queue triangulaire hissée haut dans les airs avant la plongée. Il souffle souvent de 30 à 40 fois avant de partir pour 45 minutes sous les flots. Tryphon se distingue par des marques sur la bordure de sa queue.»

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