Laisser faire la nature

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Laisser faire la nature

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Sur son terrain, on peut aussi avoir un coin aménagé artificiellement et laisser une autre partie en friche, comme c'est le cas ici. Dans l'aménagement plus sauvage, il y a plusieurs oiseaux qui nichent.

Le Soleil, Jacques Samson

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) ­Quand on veut attirer les oiseaux, il y a plein de possibilités qui s'offrent à nous. La plupart des gens ont tendance à créer de magnifiques aménagements en offrant un monde plus artificiel à la faune ailée. En soi, ce n'est pas mauvais, c'est même excellent, mais il y a d'autres façons de faire et qui donnent aussi de magnifiques résultats.

Dans un courriel qui s'adressait à moi et au collègue Larry Hodgson, Julie et Sébastien Bonneau proposent une façon originale de faire les choses tout en laissant la nature dans un état le plus sauvage possible. Et pour eux aussi, les résultats sont

extraordinaires.

Je leur laisse donc le soin de vous présenter leur façon de faire. «Nous avons construit notre maison à l'automne 2007 sur un terrain de 6500 pieds carrés qui était boisé à Saint-Romuald, et nous avons choisi de conserver toute la cour arrière naturelle. Nous aurions même fait pareil partout si nous avions pu, mais malheureusement, comme le terrain était très en pente, nous avons dû faire beaucoup de remplissage à l'avant. Par contre, nous avons replanté beaucoup d'arbres, arbustes et plantes vivaces pour compenser.

«Toujours est-il que les oiseaux et autres petits animaux semblent apprécier notre terrain! Nous avons au moins trois nids, à notre connaissance : un nid de bruants familiers dans un cèdre que nous avons planté ce printemps, un nid de parulines flamboyantes dans un jeune feuillu et un nid d'écureuils roux dans un érable creux que nous avons conservé (creux, mais bien en vie, pour encore quelques années on espère)!

«Quel plaisir et quelle fierté de voir toute cette activité sous nos yeux! Quand on a découvert les nids la semaine dernière, les bruants n'étaient pas encore éclos, mais ils le sont maintenant tous les quatre. Les parulines ont également quatre oisillons, et on pense même avoir aperçu deux femelles en même temps; par contre nous n'avons pas trouvé de deuxième nid.

«Les écureuils doivent être six ou sept. Par moments, on dirait qu'il y a des écureuils partout dans la cour : sur l'arbre creux, sur la corde de bois, sur le tas de branches... Et ça se chamaille, et ça court partout. Hier, nous avons vu un cardinal rouge mâle dans un de nos grands arbres! Quel charme pour les yeux et les oreilles!

«Nous nous félicitons d'avoir gardé notre petit boisé, préservant ainsi l'habitat naturel de nombreux individus qui étaient établis sur ce terrain avant nous. Cette idée cadre parfaitement avec les principes du jardinier paresseux! Pas de gazon à tondre en arrière, pas de plates-bandes à désherber. On bénéficie de l'ombre et de la fraîcheur, et on ne manque pas de matières brunes pour notre compost.

«Ce printemps, nous avons entaillé cinq gros érables, et nous avons produit 3,5 litres de sirop!

«On a de belles plantes indigènes au Québec. Dans notre bois, il y a de belles fougères, des arbustes, des fleurs, des baies. Bref, de la biodiversité. Et aussi de la nourriture, des cachettes et des nichoirs pour nos copropriétaires.

«Pour que ça n'ait pas l'air négligé, on a ajouté des hostas, des violettes, des campanules sauvages, du muguet et d'autres espèces de fougères.

«Dans notre nouveau quartier, nous regardons nos voisins se construire à leur tour, et nous nous désolons que personne ne fasse comme nous. Ils coupent tous les arbres sauf deux ou trois gros, et posent du gazon en plaques partout! Quel dommage! Tous les sans-abri qu'ils causent! Les parulines, par exemple : elles veulent absolument faire leur nid dans un jeune feuillu, entre trois et cinq pieds du sol. Sans nous, elles n'auraient eu nulle part où nicher... Le peu de vie qu'il reste dans le quartier, c'est chez nous qu'elle est.

«Peut-être que si vous en parliez dans vos chroniques, d'autres gens envisageraient de garder un petit bout de terrain boisé?»

Intéressant, n'est-ce pas, cette façon de faire les choses?

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