Jusque-là, pour moi, rien de bien excitant, un pigeon, mais encore. Le «mais encore», c'est qu'il n'y a pas de pigeon dans l'île d'Anticosti, chose que je ne savais pas. Il y en avait, il y a plusieurs années, mais ça faisait belle lurette qu'on n'en avait pas vu là-bas.
La question : d'où sort-il? Plusieurs hypothèses sont valables, mais la plus plausible est celle de son arrivée par la barge remplie qui fait la navette entre Port-Menier et Cacouna, sur la rive sud du Saint-Laurent. Du moins, la présence du pigeon correspond à l'arrivée de la barge la veille ou le jour même.
Durant mon trop court séjour dans l'île, les 26 et 27 juillet, j'ai bien surveillé les alentours de l'auberge pour photographier le pigeon, mais ce fut en vain. Il se faisait un devoir de venir se percher sur la galerie seulement quand j'étais en excursion ailleurs dans l'île. Ma visite de cette année se déroulait dans le cadre de ce que la SEPAQ appelle Le NaturExpress. C'est un forfait de deux jours à partir d'Havre-Saint-Pierre et qui permet de jeter un oeil rapide sur l'île en compagnie d'un guide. C'est juste assez pour se donner le goût d'y retourner pour un plus long séjour.
Au programme, le village de Port-Menier, la baie Sainte-Claire, deux exclos, une tourbière, l'épave du Wilcox, le canyon Observation et, nécessairement, la fameuse chute Vauréal.
Dans ce forfait d'un peu plus de 1000 $ pour deux personnes, l'avion, le séjour à l'auberge et tous les repas sont inclus.
Je ne peux pas dire que j'ai vu beaucoup d'oiseaux lors de mon séjour dans l'île. J'ai bien aperçu quelques pics flamboyants, quelques parulines, plusieurs goélands, des corneilles, des corbeaux, mais pas un seul pygargue à tête blanche et Dieu sait s'il y en a à Anticosti.
Tout ça n'est cependant pas grave, la beauté sauvage de l'île compense magnifiquement et il ne faut pas oublier ses 160 000 cerfs de Virginie dont plusieurs se promènent en plein coeur du village.
Et parmi ces cerfs, il y a Molson, celui qui est devenu la mascotte de l'auberge. Ce sont les gens de là-bas qui l'ont baptisé ainsi parce qu'ils trouvent qu'il a la bouille d'un vieux robineux et qu'il a une bedaine de bière. Molson se laisse volontiers nourrir par tous ceux qui lui tendent la main.
Grandes aigrettes
Pendant que j'étais en voyage sur la Côte-Nord, à Anticosti et en Gaspésie, fin juillet début août, plusieurs grandes aigrettes ont été observées le long du fleuve dans le secteur de Lévis et dans la région de Bellechasse.
Il y en a eu d'abord six dans l'anse Mercier à Saint-Michel-de-Bellechasse et un lecteur, Serge Kronström, en a observé pas moins de 10 dans une petite baie, à Saint-Romuald, pas très loin de la mairie de Lévis.
Plusieurs s'interrogent s'il s'agit d'un phénomène exceptionnel puisque tous les guides qu'ils consultent ne signalent pas la présence de grandes aigrettes dans nos parages.
Non, ce n'est pas exceptionnel d'observer ces oiseaux. Ça fait déjà quelques années qu'ils viennent bien au nord de leur territoire habituel. Ça fait maintenant quatre ou cinq ans que je vois une ou deux grandes aigrettes dans mon coin de pays. Ce qui est peut-être un peu plus rare cette année, c'est le nombre.
D'ailleurs, il ne faut plus s'étonner de faire de telles observations et il ne faut plus croire que nos guides d'observations sont la Bible. Je pense qu'il faudra de plus en plus revoir et corriger tous ces livres mis à la disposition des ornithologues autant amateurs que professionnels. Ils ne sont plus à jour. Même le fameux Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional est en voie de révision. La nature vit actuellement des bouleversements incroyables et tout ça influence la migration des oiseaux qu'on retrouve maintenant à plusieurs centaines de kilomètres de leurs territoires habituels.












