Et cette année, par l'intermédiaire d'une chronique publiée dans L'oie blanche, un hebdo de Montmagny, les passionnés des grandes oies des neiges ont pu la suivre tout au long des 10 semaines qu'elle a passées à quelques centaines de kilomètres au nord du cercle polaire.
Et, pour couronner le tout, Marie-Claude a partagé son expérience en présentant deux conférences appuyées de magnifiques photos autant de paysages que d'oiseaux, au Centre des migrations de Montmagny, samedi et dimanche derniers.
Quand au printemps les oies quittent les battures du fleuve, elles survolent tout le Québec pour se retrouver quelques semaines plus tard à l'île Bylot.
Pour les suivre, Marie-Claude a d'abord fait le voyage Montmagny-Québec en auto et ensuite Québec-Ottawa , Ottawa-Iqaluit, Iqaluit-Clyde River, Clyde River-Pond Inlet en avion et, enfin, la dernière étape en hélicoptère, un saut de 30 minutes, Pond Inlet-île Bylot.
Seul lien
Sachez que l'hélicoptère, en dehors de la radio, est le seul lien avec le reste de la terre. L'hélicoptère, c'est le courrier, l'épicerie, le moyen d'évacuation en cas de besoin. «Le son de l'hélicoptère qui approche du camp, c'est un événement chaque fois», dit Marie-Claude.
Marie-Claude, à l'île Bylot, est installée au camp numéro un, le camp de base où se trouvent le laboratoire, le garage, la cuisine et tout ce qui est essentiel pour passer l'été à cet endroit.
À une trentaine de kilomètres de ce camp de base, c'est l'aire de nidification des oies. C'est le camp numéro deux et, souvent, les équipes font le trajet à pied entre les deux installations.
Le rôle de Marie-Claude, dans cette grande aventure estivale, est double. Elle fait partie de l'équipe de dépannage, donc elle participe à peu près à toutes les activités qui se déroulent dans les deux camps. En plus, elle est la cuisinière du repas du soir.
Là-bas, chacun profite d'une tente individuelle pour dormir et le reste des activités se fait dans des installations communes ou sur le terrain.
Il y a un minimum de confort, mais à cause de l'éloignement, tout est calculé soigneusement et il ne faut surtout pas abuser. Pour ne donner qu'un exemple, le propane qui sert à réchauffer l'eau est rationné, de telle sorte que chacun n'a droit à une douche chaude qu'une fois par semaine. Pour les douches froides, il n'y a pas de problème, on peut en abuser autant qu'on veut. Et sachez que même si on est en été et que le soleil luit 24 heures sur 24, il y a des journées fraîches, pour ne pas dire froides.
En prime, il faut ajouter les moustiques.
Le voyage qu'a offert Marie-Claude aux spectateurs attentifs du Centre des migrations a permis de découvrir un Grand Nord aux paysages à couper le souffle, malgré l'aridité de son climat, et ayant une faune aviaire très riche.
Outre les grandes oies des neiges, au centre des préoccupations de Marie-Claude, un eider à tête grise mâle paré de ses plus beaux atours, ou encore des grues du Canada qui lui en ont mis plein la vue avec la grande scène de l'aile brisée pour attirer les intrus loin des petits.
Sont ensuite venues des images d'un lagopède des rochers en pleine période de mue, d'un couple de canards kakawi, d'un plongeon catmarin, d'un plongeon du Pacifique et finalement d'un labbe à longue queue, ce grand prédateur d'oeufs d'oies des neiges.
Et que dire de cet impressionnant nid de harfangs des neiges rempli des rejetons de l'année.
Les oies
Marie-Claude nous a également fait découvrir un nid de grandes oies des neiges avec ses petits déjà nés et ses oeufs mi-éclos. On voyait tout autour du nid le duvet que la femelle s'était arraché de la poitrine pour garder ses oeufs au chaud, et on pouvait aussi voir sur l'animal ce qu'on appelle la plaque incubatrice dont elle recouvre ses oeufs pour les couver.
Cette fameuse plaque se crée à l'endroit où elle arrache son duvet pour garnir son nid. Cette action fait que le sang circule plus en surface de la peau et crée la chaleur dont les oeufs ont besoin pour éclore.
Il y a eu aussi un long moment de présentation du baguage et de la mise de colliers aux oies. Le troupeau est repéré du haut des airs à bord de l'hélicoptère et, ensuite, on le dirige vers des enclos où il sera bagué. Cette capture est relativement facile puisque les oies durant cette période, juste après la naissance des petits, ne volent plus. Elles ont perdu leurs plumes.
Cette année, l'équipe dont faisait partie Marie-Claude a bagué le nombre record de 5417 oies, et il faut ajouter à cela environ 500 ou 600 oies recapturées, déjà porteuses de bague ou de collier.
La conférence de Marie-Claude Martin, intitulée De Montmagny à l'île Bylot - Migrer avec les oies, a été un enchantement.
Il y a une représentation supplémentaire ce soir, à 19h30, toujours au Centre des migrations. On peut réserver en téléphonant au 418 248-4832. Le coût d'entrée est de 5 $ pour les adultes et de 4 $ pour les aînés et les étudiants. C'est gratuit pour les cinq ans et moins.
Elle a été donnée en grande première à Montmagny samedi soir dernier, mais cette conférence pourrait être répétée dans des clubs sociaux, dans des écoles ou ailleurs. On peut joindre Marie-Claude Martin par courriel à martin_marie_claude@hotmail.com.











