Le rêve devenu réalité

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Des oeufs d'eider protégés par le duvet que... (Photo collaboration spéciale, Jacques Samson)

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Des oeufs d'eider protégés par le duvet que la mère s'est arraché de la poitrine.

Photo collaboration spéciale, Jacques Samson

Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Quand Gaston Déry a décidé de redonner vie à l'île aux Pommes, il y a de ça un peu plus de 25 ans, il y avait beaucoup de sceptiques loin de partager son rêve.

Fallait même être un peu barjo pour croire transformer un îlot rocheux brûlé par les fientes de goélands et de cormorans à aigrettes en paradis terrestre.

Aujourd'hui, un quart de siècle plus tard, Gaston a gagné son pari. Après toutes ces années de travail, d'acharnement, la récompense est maintenant là.

Le «gardien de l'île aux Pommes», comme il aime bien se faire appeler, avait, au dernier recensement, 2071 nids d'eiders à duvet dans la réserve écologique privée qu'il a créée il n'y a pas si longtemps. C'est la deuxième année que le nombre de nids se situe au-dessus de 2000. En 2008, on en avait dénombré 2101.

Ces chiffres ont été colligés au moment où une équipe de la Société Duvetnor, sous la responsabilité de son directeur général, Jean-François Giroux, faisait la cueillette du fameux duvet d'eider, ce précieux matériau qui se vend à prix d'or et avec lequel on fabrique les édredons (mot qui vient du nom eider) tant recherchés par les gens riches de ce monde. Un édredon rempli de duvet d'eider coûte au minimum 5000 $.

Chaque année, Duvetnor fait la cueillette de duvet dans les îles du Saint-Laurent et avec les sous qu'il retire de sa vente, il finance ses activités.

Quand un eider construit son nid, il s'arrache le duvet de la poitrine et en tapisse le fond pour garder ses oeufs bien au chaud.  Les cueilleurs de duvet n'en prélèvent qu'une infime quantité de sorte que ça ne nuit pas à la nidification.

Tout en faisant la cueillette de duvet, l'équipe de Duvetnor procède également à la capture d'eiders pour les baguer. Le 23 mai, quand ils ont fait cette opération, ils ont attrapé 215 femelles, incluant 86 recaptures.

Selon le rapport de M. Giroux, 85 de ces 86 captures étaient des canards qui avaient été bagués à l'île aux Pommes. Un seul eider venait d'ailleurs. Celui-là avait été bagué dans le Maine, près de Milbridge, en septembre 2005, au moment de la mue. D'ailleurs, le rapport indique que chaque année, un à trois oiseaux nés dans l'île aux Pommes se retrouvent sur les côtes du Maine pour la mue.

Alors vous voyez que Gaston Déry peut dire «mission accomplie». Il peut crier victoire. Oui, ce monsieur est un grand rêveur, mais c'est surtout un visionnaire!

Du partage

Jesse, la chienne bouvier bernois de notre voisin, ne se laisse jamais prier quand on lui offre un beau gros os à moelle. Elle s'installe sur le banc de neige et elle passe des heures à le gruger.

Elle a beau avoir une mâchoire puissante, elle n'arrive pas toujours à broyer l'os pour en retirer toute la moelle. Lasse d'avoir essayé, elle l'abandonne dans l'espoir d'en avoir un autre.

Récemment, tôt le matin, je jette un oeil par la fenêtre et qu'est-ce que je vois? Une grosse corneille qui rentrait son bec dans la cavité et qui dégustait cette moelle inaccessible à Jesse. C'est bien vrai que le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres.

Cap Tourmente

Depuis samedi dernier, et ce, jusqu'au 15 mars, la Réserve nationale de faune du cap Tourmente accueille les visiteurs dans ses six kilomètres de sentiers de neige damée.

Ça se passe les samedis et les dimanches entre 8h30 et 16h. Même s'il fait froid ce n'est pas grave, deux relais chauffés, l'érablière et la forge, vous attendent. Là, on vous sert gratuitement des boissons chaudes. C'est l'Association des amis du cap Tourmente qui se charge de l'accueil.

Durant la semaine de relâche, du 1er au 5 mars, ce sera ouvert tous les jours.

Ne ratez pas l'occasion de vous rendre au cap Tourmente. C'est un des endroits où on peut observer le plus d'oiseaux au Québec. Quand on y pense, on pense surtout aux grandes oies des neiges, mais sachez que vous y découvrirez tellement plus.

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