Tout de suite, je communique avec Mme Saint-Pierre pour lui donner le numéro de l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP).
Quand on s'est parlé, Mme Saint-Pierre était déjà en contact avec les agents de la Faune de Laurier-Station qu'elle avait joints par l'entremise de Service Québec.
On lui promettait une intervention dans les 24 à 48 heures. Mme Saint-Pierre espérait que ce ne soit pas aussi long. Je lui ai alors suggéré de téléphoner à l'UQROP et de s'informer sur les choses à faire en attendant.
Nécessairement, il fallait s'assurer que l'oiseau ne souffre pas de déshydratation. Avec son mari, Sylvain Martin, ils lui ont donné un bol d'eau, mais c'est à la seringue qu'ils ont réussi à la faire boire.
Finalement, les agents de la Faune se sont présentés chez les Martin-Saint-Pierre vers 11h le lendemain matin. Quand ils ont vu l'oiseau, ils se sont faits rassurants. D'ailleurs, Mme Saint-Pierre avait constaté le matin que la chouette avait meilleure mine. Elle était sur ses pattes et elle avait ramené son aile blessée le long de son corps.
Lundi, j'ai pris l'initiative de passer un coup de fil à l'UQROP question de savoir comment se portait la chouette et là , on m'a appris qu'elle n'était arrivée à l'hôpital vétérinaire que le matin même. Plus tard, le grand patron de l'UQROP, le Dr Guy Fitzgerald, m'appelait et me disait qu'ils avaient eu un problème de transport pour acheminer l'oiseau blessé plus rapidement vers l'hôpital.
Habituellement, quand un oiseau de proie est récupéré par les agents de la Faune, on le confie au transporteur Dicom et c'est cette entreprise qui le conduit à l'hôpital vétérinaire.
Depuis un certain temps, Dicom n'assure plus ce service. La compagnie aurait eu des problèmes dans le transport d'un animal domestique et à cause des ennuis causés, elle a mis fin à toute forme de transport d'animaux. Pourtant, même s'il arrivait malheur à un oiseau blessé durant son transport, l'UQROP n'engagerait pas de poursuites contre la compagnie. Quoi qu'il en soit, le service n'est plus assuré.
C'est donc une bénévole de l'UQROP qui est partie de Longueuil lundi matin et qui est venue récupérer l'oiseau à Laurier-Station. Et quand finalement la chouette a été opérée, son os exposé à l'air trop longtemps était mort de sorte qu'on a dû lui amputer l'aile.
Qu'adviendra-t-il de la chouette?
Quand j'ai parlé au Dr Fitzgerald lundi, il y avait plusieurs scénarios sur la table. Dans les jours qui suivaient, on devait déterminer le sexe de l'oiseau et de cette vérification dépendaient beaucoup de choses.
Si l'oiseau était une femelle, il serait dirigé vers un centre de reproduction de l'Ontario et on tenterait qu'il se reproduise en captivité.
Si c'était un mâle, il ne pourrait servir à la reproduction parce que, comme le précise le Dr Fitzgerald, un mâle, pour se reproduire, a besoin de ses deux ailes. Ce n'est pas le cas pour une femelle.
Le mâle, pour sa part, pourrait être gardé à l'UQROP comme oiseau de démonstration ou dirigé dans un autre centre à même vocation. Il peut cependant y avoir un problème.
Il arrive que des oiseaux à qui on a amputé une aile, quand ils se posent sur le sol, basculent carrément du côté du membre amputé et ne peuvent se relever. Si la chouette lapone adopte
ce comportement, on devrait l'euthanasier.
Au moment où j'écris cette chronique, je n'ai pas reparlé au Dr Fitzgerald pour savoir où il en est. Je reviendrai donc sur la suite de l'histoire dans ma prochaine chronique.
L'accident
Qu'est-ce qui a provoqué la blessure à l'aile de la chouette lapone? Selon toute vraisemblance, elle se serait blessée en frappant un fil à haute tension d'Hydro-Québec. Dans le secteur où habitent les Martin-Saint-Pierre, il y a de telles lignes dans un champ.
Quand un oiseau de proie, que ce soit une chouette lapone ou toute autre espèce, chassent, il n'y a qu'une seule chose qui existe dans leur champ de vision, c'est la proie. Tout autre obstacle devient un danger pour l'oiseau.
Je laisse maintenant Mme Saint-Pierre nous raconter comment elle a trouvé la chouette : «Vers 15h20, le vendredi 8 janvier 2010, j'ai réalisé qu'il y avait un oiseau de proie sur la clôture de cèdre. Plus tôt le midi, j'avais entendu et vu des corneilles qui tournaient en rond et piquaient dans le champ à cet endroit. J'ai donc présumé que l'oiseau était blessé. Je suis allée voir sans toutefois trop l'approcher.
«Je suis revenue avec une boîte et une serviette. Mon conjoint Sylvain l'a attrapée avec une serviette sur la tête pour ne pas l'effrayer. Mais elle était plutôt calme. Ce qui nous a permis de la récupérer très rapidement et de la déposer dans la boîte sans la blesser davantage. Il fallait faire vite car la noirceur approchait.
«Sans difficulté, la chouette lapone s'est laissée prendre. Il faut dire que Sylvain est vraiment adroit dans cette tâche.»
L'endroit où la chouette se trouvait est un grand champ infesté de mulots. C'était donc pour elle un garde-manger extraordinaire. Tout près, il y a une forêt dans laquelle on retrouve chevreuils, lièvres et renards.
Des merles en hiver
Au cours des derniers jours, j'ai reçu plusieurs courriels de gens qui avaient observé des merles d'Amérique en plein hiver et s'interrogeaient sur leur présence.
Vous savez, c'est de plus en plus fréquent que des merles décident de passer l'hiver avec nous et ils réussissent à survivre s'il y a assez de petits fruits gelés dans les arbres.
Julie Poliquin de Lévis m'a fait parvenir quelques photos d'un merle qui a adopté leur arbre de Noël installé sur leur patio et dans lequel ils ont mis quelques petits fruits rouges.











