Pourquoi migrer aussi loin?

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Les bécasseaux à croupion blanc font partie des... (Photo, Université du Québec à Rimouski)

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Les bécasseaux à croupion blanc font partie des oiseaux qui parcourent de longues distances pour nicher.

Photo, Université du Québec à Rimouski

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) Il y a des oiseaux qui migrent sur des distances de 15 000 km et même de 20 000 km pour nicher et se reproduire. Pourquoi effectuer ce périple avec tous les risques que ça comporte?

Deux chercheurs de l'Université du Québec à Rimouski, le professeur Joël Bêty et l'étudiante au doctorat Laura McKinnon, apportent une réponse à cette grande question après avoir mené une étude comportant des données qui remontent jusqu'à 1996, mais dont la principale partie a été effectuée entre 2004 et 2008.

La réponse à la question qui vient d'être publiée dans la prestigieuse revue Science est bien simple : plus les oiseaux poussent leur épopée vers le nord, moins ils sont victimes de prédation.

Plus d'une trentaine de personnes réparties dans sept stations de recherche en Arctique ont collaboré à ce projet gigantesque. L'année polaire internationale qui s'est étalée sur 2007 et 2008 a permis à ces chercheurs d'avoir l'argent nécessaire pour mener à bien leur étude.

Les oiseaux visés par le projet étaient les limicoles et pour se rapprocher le plus possible de ces espèces, on a utilisé des oeufs de cailles qui ressemblent à s'y méprendre aux oeufs de limicoles.

On a créé sur une distance de 3500 kilomètres en partant du sud de la baie James et s'arrêtant à la base Alert, le lieu habité le plus au nord de la planète, 1555 nids artificiels dans lesquels on a déposé 8000 oeufs de cailles qu'on avait achetés dans le sud.

Nécessairement, ces oeufs n'étaient pas couvés par des parents. C'est la prédation sur les oeufs qui intéressait les chercheurs. La question qu'ils se posaient : combien de temps les prédateurs mettent-ils pour découvrir les oeufs et les manger?

S'il y avait eu des parents comme ça se passe dans la vraie vie pour les limicoles, ces derniers auraient eu une influence sur la prédation. Si un prédateur s'approche d'un nid, le parent qui couve tente par tous les moyens de détourner son attention, en feignant d'être blessé, par exemple. Donc il influence le résultat de la prédation. «Avec les oeufs seuls, on a enlevé tout effet confondant», précise le professeur Joël Bêty en entrevue téléphonique.

Après toutes ces années de recherche, on a constaté qu'à cha­que degré de latitude qu'on gagne vers le nord, on diminue le taux de prédation de 3,5 %. Si on compare le point de nidification le plus au sud avec celui le plus au nord, on gagne 65 % plus de succès contre les prédateurs. C'est énorme, surtout si on considère qu'à ces latitudes, à cause de la rigueur du climat, les oiseaux ne nichent qu'une seule fois par saison.

Ce pourcentage de réussite des couvées compense pour les coûts de voyager sur de si longues distances. Sur 20 000 kilomètres, les oiseaux sont confrontés à de multiples dangers, mais ce long déplacement en vaut quand même la peine.

On savait aussi, et l'étude le confirme, qu'il y a moins de parasitisme qui affecte les oiseaux plus ils sont au nord.

Le prédateur principal des limicoles est le renard arctique qui se retrouve à la tête de la chaîne alimentaire, n'ayant à peu près pas d'ennemis.

Selon le professeur Bêty, les conclusions de son étude pourraient sans doute s'appliquer à d'autres espèces d'oiseaux que les limicoles.

Une anecdote

Quand les chercheurs ont transporté les 8000 oeufs de cailles dans les aires de nidification, ils ont dû les placer dans leurs bagages à main, ce pour des raisons de conservation.

Avec les mesures restrictives qu'on connaît depuis quelques années dans les aéroports, ils ont dû à quelques occasions se faire convaincants pour passer les précieux oeufs au-delà des barrières de contrôle.

Des nouvelles de la chouette

La chouette lapone blessée que Linda Saint-Pierre et Sylvain Martin ont dirigée vers l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) se porte relativement bien malgré l'amputation de son aile.

Le Dr Guy Fitzgérald dit qu'elle se nourrit bien et qu'elle semble bien s'adapter à sa vie en captivité. On a dû la réopérer à quelques reprises question de stabiliser sa plaie et c'est pour ça qu'on n'a pas encore déterminé son sexe, chose qu'on fera dès que possible.

C'est une étape importante car du sexe dépendra l'avenir de la chouette. Si c'est une femelle, on la dirigera vers un centre de reproduction de l'Ontario, mais si c'est un mâle, on la gardera en captivité soit à l'UQROP, soit ailleurs. Un mâle ne peut pas se reproduire s'il lui manque une aile.

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