Au secours d'un faucon pèlerin

Autour du faucon pèlerin blessé s'affairent la Dre...

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Autour du faucon pèlerin blessé s'affairent la Dre Josée Guillemette, le Dr Guy Fitzgérald, le finissant en médecine vétérinaire Vincent Paradis et le Dr Édouard Maccolini, vétérinaire français en stage au Québec.

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) L'aventure a commencé lundi matin (15 février) quand Patrick Chartier est sorti de chez lui à L'Ancienne-Lorette. Sur le bord de la rue, un oiseau blessé; un peu plus loin, une trace de sang dans la neige. C'était un faucon pèlerin et, en plus, il avait une bague à chaque patte.

La première chose qui lui a traversé l'esprit : ne pas laisser l'oiseau là, pour la sécurité des enfants qui sont nombreux à emprunter cette rue pour se rendre à l'école. Il fallait aussi protéger l'oiseau. Il était une proie facile dans son état. Les enfants auraient pu le mitrailler de balles de neige ou un chat s'y attaquer.

M. Chartier est retourné à la maison chercher une couverture qu'il a jetée sur l'oiseau pour le maîtriser. Ensuite, il l'a déposé dans une boîte et l'a conduit à l'hôpital vétérinaire Daubigny, sur le boulevard Hamel. C'est par hasard que M. Chartier s'est rendu là car il ne savait trop quoi faire et qui appeler.

Quoi qu'il en soit, il a fait exactement ce qu'il fallait faire et après, tout un processus s'est enclenché pour que le faucon blessé soit acheminé rapidement vers la Clinique des oiseaux de proie à Saint-Hyacinthe.

À la clinique Daubigny, on connaît la procédure. Ils ont d'abord jeté un oeil dans la boîte pour s'enquérir de l'état de l'oiseau. Il était blessé à l'aile et il y avait une tache de sang au fond de la boîte, mais malgré tout, l'oiseau semblait bien se porter. Il était très agressif.

Les gens de la clinique ont communiqué avec la Clinique des oiseaux de proie qui leur ont fourni mon numéro de téléphone. Il y a maintenant un mois, je me suis inscrit comme bénévole pour le transport d'oiseaux blessés dans la région de Québec jusqu'à Saint-Hyacinthe.

Avant, c'était l'entreprise Dicom qui faisait ce travail, mais à la suite d'une mauvaise expérience avec un animal domestique - rien à voir avec les rapaces -, on a abandonné cette forme de transport. Tout cela a vraiment compliqué la tâche de l'Association québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP).

Le transport

Lundi, j'étais avec mon ami Ben au beau milieu de la Réserve faunique des Laurentides, plus précisément dans la forêt Montmorency. C'est un véritable paradis pour faire de la photo facile de durbecs des sapins. Je reviendrai là-dessus dans une prochaine chronique.

Il était à peu près 10h30, nous étions à peine sortis de la voiture sur le stationnement près de l'accueil et mon cellulaire s'est mis à sonner. Ça tombait pile, j'étais sur le point de le fermer. Pas question de répondre au téléphone quand on est dans la nature et qu'on observe les oiseaux.

C'était ma blonde, qui m'a dit que quelqu'un de l'hôpital vétérinaire Daubigny venait d'appeler et qu'ils avaient un faucon pèlerin blessé à acheminer rapidement à Saint-Hyacinthe.

Quelques minutes plus tard, je parle à quelqu'un de la clinique et nous sautons dans la voiture pour revenir à Québec. Pendant ce temps, ma blonde fait le nécessaire en parlant au responsable de la Clinique des oiseaux de proie, le Dr Guy Fitzgérald, qui s'empresse de lui faire parvenir par courriel la route à suivre pour s'y rendre.

Nous avons pris possession de l'oiseau vers 11h30 et après avoir fait le plein d'essence, on est tout de suite partis vers Saint-Hyacinthe. Tout en roulant, on a mangé le lunch qu'on s'était apporté pour notre excursion dans la forêt Montmorency.

Très calme

L'oiseau était dans sa boîte sur le siège arrière de la voiture et à part un soubresaut à une quinzaine de minutes de notre destination, il a été d'un grand calme.

En roulant sur la 20, les agents de la faune de la région de Québec ont communiqué avec moi pour s'enquérir de l'état de l'oiseau et de ce que je faisais avec. Le faucon pèlerin fait partie des espèces protégées et il est normal que les agents de la faune sachent exactement ce qui leur arrive.

Ce qu'il faut savoir, c'est que ce sont généralement eux qui récupèrent les oiseaux blessés et qu'ensuite ils les confient à quelqu'un pour les transporter vers la Clinique des oiseaux de proie.

Nous sommes arrivés à Saint-Hyacinthe en milieu d'après-midi et déjà, à la clinique, on s'affairait autour d'un épervier de Cooper blessé que des gens de Terrebonne venaient d'apporter.

Ça a pris à peu près 10 minutes et les vétérinaires se sont occupés du faucon pèlerin. C'est la Dre Josée Guillemette, assistée du Dr Édouard Maccolini, un vétérinaire français en stage au Québec, et du finissant en médecine vétérinaire Vincent Paradis, qui ont fait le travail. Quelques minutes plus tard, le Dr Guy Fitzgérald s'est joint à eux.

Ils ont pris soin de bien nettoyer la plaie et d'arracher quelques plumes tout autour qui pouvaient entraîner des risques d'infection. On a mis l'oiseau sous anesthésie pour l'empêcher de souffrir. Les propos des vétérinaires étaient rassurants. Avec une intervention aussi rapide, l'oiseau a conservé toutes ses chances d'être remis en liberté après sa guérison.

Le faucon pèlerin est un mâle qui faisait à peine plus de 500 grammes. Les femelles dépassent les 900 grammes. Le faucon pèlerin a été bagué en 2000 dans la région d'Ottawa, selon le Bureau de baguage du Canada.

Quand j'ai reparlé à la Dre Guillemette, elle m'a dit que le faucon allait bien. On lui avait fait un bandage d'immobilisation, on avait traité sa plaie et on attendait de voir comment évoluerait la situation.

Tant qu'à être à la Clinique des oiseaux de proie, j'ai demandé à voir la chouette lapone que Linda Saint-Pierre et Sylvain Martin de Saint-Jean-Chrysostome avaient secourue à la mi-janvier.

La chouette, malgré l'amputation de son aile, va très bien. C'est un oiseau qui sera gardé en captivité et qui servira peut-être à la reproduction s'il s'agit d'une femelle. On déterminera son sexe plus tard.

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