Louis Poussard a appris en 2005 qu'il était séropositif. En plus, il est aussi atteint par l'hépatite C. Il a parcouru beaucoup de chemin pendant les quatre années qui ont suivi son diagnostic.
Il ne consomme plus, il a repris les études, et est aujourd'hui secrétaire du conseil d'administration de MIELS-Québec. «Avant de devenir membre, je pensais que c'était une secte... mais je me suis impliqué et j'ai fait énormément de chemin.»
Mais il constate que la société ne chemine pas au même rythme, et c'est pour ça qu'il a accepté de s'ouvrir afin de conscientiser ses semblables à sa réalité.
«J'ai accepté d'en parler, comme on le fait pour la grippe H1N1. Il y a des jeunes de 15 à 21 ans qui s'imaginent qu'avec la médication, il n'y a pas de problème et qu'une trithérapie guérit le VIH. C'est une grave erreur!»
La trithérapie n'empêche pas de connaître les hauts et les bas de la maladie, rappelle-t-il. «Je suis déjà tombé jusqu'en phase sidatique [phase 3] quand j'avais une pneumonie. Avec le VIH, on peut descendre jusqu'en phase 3 et ensuite remonter en phase 1, où la maladie est moins présente, mais plus les années avancent, plus tu risques de te retrouver en phase 3 de façon permanente.»
Il voit que plusieurs banalisent la maladie, pensant que seuls les Africains et les gais sont à risque. «C'est un mythe. Je ne suis ni gai, ni Africain. Le VIH touche toutes les couches de la société.»
Il est récemment allé se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), en tant que personne à risque. «J'ai déclaré que j'avais le sida, et on m'a demandé de le prouver. J'ai trouvé ça aberrant. Juste le fait de le dévoiler, c'est déjà assez difficile...
«J'espère amener du progrès, une ouverture d'esprit envers les personnes atteintes. Il faut abolir les préjugés qui tuent. On n'est pas des êtres d'une autre planète. Je l'ai vécu au cours d'une entrevue d'emploi. Tout allait bien, jusqu'à ce que je dise que j'avais le VIH. J'ai tout de suite senti que mon dossier venait de prendre le bord... Ça m'est arrivé aussi dans mes relations avec des filles, il y en a qui m'ont retiré leur amitié ou qui m'ont même insulté.»
Il dit être passé par une phase de dépression dans les premiers temps. «On le vit tous, sans exception, mais on peut passer au travers. Ce qui est le plus dur, c'est de passer à travers le jugement des autres. Si moi, je peux, c'est parce que je suis parvenu à être à l'aise avec ma situation.»









