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En première canadienne à l'Hôpital de Montréal pour... (Photo fournie par Catherine Chouinard)

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En première canadienne à l'Hôpital de Montréal pour enfants, un nouvel appareil médical de 10 millions $ a permis aux chirurgiens de voir le cerveau d'Émilie durant l'opération.

Photo fournie par Catherine Chouinard

 

Sylvain Fournier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Saint-Pamphile) La famille de la petite Émilie Gagnon, six ans, de Saint-Pamphile dans la MRC de L'Islet, est passée par toute la gamme des émotions cet automne. Elle peut toutefois s'estimer chanceuse car la fillette, atteinte d'une tumeur au cerveau, est devenue la première patiente au Québec à bénéficier d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique. L'intervention, une réussite, a permis de voir, en grande première canadienne, des images précises de son cerveau durant l'opération.

L'Hôpital de Montréal pour enfants est le premier centre hospitalier pédiatrique au Canada à posséder un appareil de résonance magnétique sophistiqué, qui permet d'opérer des enfants au cerveau et de voir des lésions, invisibles au chirurgien, même pendant l'opération.

L'appareil d'imagerie par résonance magnétique (IRM) préopératoire permet d'obtenir des images d'un malade pendant l'intervention chirurgicale, en temps réel et à l'intérieur même de la salle d'opération. Il a été acquis au coût de 10 millions $ grâce à un don de 5 millions $ d'Opération Enfant Soleil et d'autres dons provenant de la fondation de l'hôpital et d'Hydro-Québec.

L'histoire d'Émilie a débuté de façon soudaine en août. Ses yeux ont commencé à se révulser sans explication. «C'était foudroyant! Ça a débuté par quelques fois par jour, puis aux heures et aux demi-heures», ont mentionné ses parents, Ann Dignard, animatrice à la radio CJDS de Saint-Pamphile, et Éric Gagnon, ébéniste. Le couple a deux autres enfants, David, huit ans, et Olivier, quatre ans.

Rien ne va plus

Inquiets, les parents de l'enfant ont été référés au CHUL à Québec où les médecins ont tenté plusieurs médicaments pour contrer l'épilepsie. Ces derniers ont eu des résultats de courte durée et surtout des effets secondaires dévastateurs. La petite s'est mise à prendre du poids et même à avoir des tendances suicidaires... à six ans.

«Elle voulait se lancer devant les autos. Elle ne dormait pas bien la nuit. Parfois, ses yeux ouvraient tout seuls», a raconté Mme Dignard.

À bout de ressources, les spécialistes du CHUL ont fait appel au réputé neurochirurgien Jean-Pierre Farmer de l'Hôpital de Montréal pour enfants. Ce dernier, qui a entre autres soigné le cancer du hockeyeur Saku Koivu, avait l'équipement tout à fait approprié pour déloger la tumeur qui causait l'épilepsie de la petite.

Émilie souffre d'épilepsie à cause de cette tumeur située dans son lobe occipital, la portion arrière la plus éloignée du cerveau qui abrite le cortex visuel, c'est-à-dire la région qui interprète ce que les yeux voient. La tumeur d'Émilie était de la taille d'un gros oeuf et les racines de cette tumeur s'enfonçaient profondément dans son cerveau. Comme ces racines ressemblaient étonnamment à la matière grise, il était difficile pour les chirurgiens de voir dans quelle direction elles progressaient et où elles se terminaient.

Opération de 11 heures

Émilie a été opérée le 19 octobre. «L'opération a duré 11 heures. Ça a été un moment de stress épouvantable. Mais tout de suite après l'opération, Émilie déjà nous souriait, bougeait de partout. Quelques jours après, on avait notre congé. Émilie prend encore un petit peu de médicaments, mais on pense cesser un moment donné. Elle n'a fait aucune révulsion et les maux de tête ont cessé», a mentionné sa mère.

Après avoir enlevé la tumeur, on a utilisé l'appareil pour voir l'intérieur du crâne avant de le refermer. Cette simple vérification a permis de déterminer que des bouts de tumeur étaient toujours présents.

«Si on n'enlève pas la tumeur au complet, les chances de guérison sont d'environ 10 %, alors que là, elles sont de 90 %», a dit le Dr Farmer lors d'une conférence de presse qui faisait état de cette première canadienne. Dans le cas d'Émilie, c'est le nouvel appareil d'IRM qui a permis d'enlever la lésion au complet et d'éviter ainsi à l'enfant une seconde opération. Le Dr Farmer affirme qu'elle a «au-delà de 90 % de chances» d'être guérie totalement de son épilepsie.

Ambassadrice pour Enfant Soleil

Toujours en congé d'activités physiques pour quelques semaines, la petite Émilie a repris du mieux. Elle a entre autres recommencé à aller à l'école. «On a retrouvé notre petite fille avec sa joie de vivre. C'est merveilleux», raconte Ann Dignard. L'histoire d'Émilie est peu banale. Elle fait d'ailleurs la première page du magazine Children qui est distribué autant en français qu'en anglais dans plusieurs centres hospitaliers au Canada. Récemment, Émilie avait aussi la confirmation qu'elle sera l'enfant ambassadeur de la région de la  Chaudière-Appalaches lors de la prochaine campagne d'Opération Enfant Soleil.

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