Controversée circoncision

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Le débat sur la circoncision est relancé aux États-Unis alors que la santé publique et les pédiatres revoient présentement leur position sur la question. Au coeur de la réflexion : des études montrant ses bienfaits notamment sur la prévention du VIH. Le point sur un bout de peau qui déchaîne les passions.

Chez nos voisins du sud, les questions entourant la circoncision ne sont pas nouvelles. De tout temps, cette opération qui consiste à enlever la peau qui recouvre le gland du pénis (prépuce), a été débattue, discutée et longtemps pratiquée de façon quasi systématique sur les nouveau-nés. Et pas seulement chez les juifs ou les musulmans, où la circoncision fait partie de la pratique religieuse.

Car au-delà de la religion, la majorité des bébés américains étaient circoncis à la naissance. Dans les années 70, environ 80 % des nouveau-nés subissaient cette intervention alors que ce taux est évalué à 56 % aujourd'hui.

La baisse du nombre de circoncisions est notamment attribuable au fait qu'en 1999, l'Académie des pédiatres américains (AAP) a reconnu que la pratique «n'était pas essentielle au bien-être de l'enfant» et a cessé de la recommander. Une position que l'organisation a réitérée en 2005.

Mais voilà, un article paru dans le Washington Post la semaine dernière faisait état d'une possible relance du débat alors que l'AAP en est présentement à revoir sa position sur la question. Rien n'est fait encore, mais les pédiatres, dit-on, prêteraient une oreille attentive aux résultats de récentes études faisant état d'une baisse des infections au VIH chez les hommes hétérosexuels en Afrique.

On évoque aussi la réduction des risques d'infection urinaire chez les enfants ou encore de cancer du pénis ou de maladies transmissibles sexuellement chez l'adulte.

«Les résultats de ces études tendent à montrer les bénéfices de la circoncision», a indiqué au Washington Post Roland H. Gray, professeur à l'Université John Hopkins au Maryland. «Un plus haut taux de circoncision pourrait certainement contribuer à prévenir un nombre sub­s-tantiel d'infections», a-t-il ajouté.

Les mêmes recherches sont aussi à l'étude chez les regroupements de santé publique, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), qui devraient faire connaître leur position sur la question cet été.

Les opposants

Mais peu importe la décision, les opposants à la circoncision se font déjà entendre avec des campagnes visant à décourager l'Académie des pédiatres de changer sa position et à inciter les CDC à ne pas recommander la pratique.

De tels groupes anticirconcision existent aussi chez nous avec l'Association pour l'intégrité génitale. Le Soleil s'est entretenu avec un de ses porte-parole et un médecin, histoire de voir comment se porte la circoncision de notre côté de la frontière.

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