Quand grand-mère a la chlamydia

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) «J'accepte juste des hommes propres de leur personne. Je suis très, très sélective.» Voilà comment le personnage de Carmen résume sa façon de se protéger contre les maladies au moment où elle collectionne les amants rencontrés par Internet dans un récent épisode de la série C.A.

La phrase fait sourire. Et a fait sursauter le personnage de Sarah (Isabelle Blais) qui, troublée par la sexualité retrouvée de sa mère à la soixantaine vigoureuse, entreprend de faire son éducation sexuelle. «Les préservatifs, ce n'est pas juste pour les bébés, il y a les maladies aussi», dira-t-elle à sa maman. Or, même si cette scène est écrite pour la télévision, elle traduit bien la réalité à l'heure où les infections transmissibles sexuellement (ITS) s'observent de plus en plus chez les baby-boomers et leurs aînés.

En 2008, une étude britannique publiée dans le journal Sexually Transmitted Infections révélait en effet que le nombre de maladies jadis appelées «vénériennes» avait doublé chez les personnes de 45 ans et plus dans la dernière décennie.

Au Québec, un rapport de l'Institut national de santé publique montre que les cas de chlamydia sont de 7,3 par 100 000 chez les 55 à 59 ans et les cas de gonorrhée, de 3,1. Ceux-ci, chutent à 1,1 chez les 65 ans et plus. Ces chiffres n'ont bien sûr rien de comparable à ceux des jeunes de 20 à 24 ans qui flirtent respectivement autour de 1220 et 112 pour les mêmes maladies, mais n'empêche.

Le VIH/sida, quant à lui, ne se propage pas de façon statistiquement significative chez les 55 ans et plus, note-t-on au Laboratoire de santé publique du Québec. Par contre, la médication de plus en plus efficace crée un nouveau phénomène : celui de vieillir avec le sida alors qu'on en mourait très jeune il y a quelques années à peine.

Des chiffres qui, pour l'instant, n'ont rien de spectaculaire, donc. Mais reste qu'ils montrent une tendance à la hausse à une époque où les baby-boomers et leurs aînés ont une vie sexuelle plus active que les générations qui les ont précédés.

Au banc des accusés : la rareté du condom, encore tabou pour ce groupe d'âge. Et la pensée magique qui accompagne une relation non protégée, ont souligné des sexologues interrogés par Le Soleil.

 

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