Activité sociale ou sportive, difficile à dire pour la récréologue Caroline Gagnon, qui organise ces olympiques pour la huitième fois au CHSLD Vigi Notre-Dame-de-Lourdes. «C'est un regroupement, oui, mais vous seriez surpris de voir l'esprit de compétition qui revient, c'est un peu inné. Le plus impressionnant, raconte-t-elle, c'est le tir au poignet. Autant les hommes que les femmes, ça m'impressionne à chaque année!»
Pour rendre la journée «la plus vraie possible», l'organisation s'est dotée d'un flambeau, présente une cérémonie d'ouverture, accueille des invités d'honneur - Maurice Tanguay est le président d'honneur - et procède à la remise des médailles dans le plus grand décorum, accompagnée des comédiens du théâtre Beaumont?Saint-Michel. Pendant leurs couronnements, «on voit toujours beaucoup d'émotions, même que certains pleurent!», témoigne Mme Gagnon.
L'âge des 112 athlètes qui participent aux olympiades varie de 41 à 103 ans. Ils viennent de 10 centres d'hébergement de Québec et de la Chaudière-Appalaches et s'affrontent dans 14 disciplines : ballon-panier, mini-golf, poches, tir au poignet, fer, pétanque, course de fauteuil roulant motorisé Formule 1...
L'objectif, c'est la «valorisation de soi, on va au-delà des incapacités des personnes. Elles sont en perte d'autonomie, mais on leur fait vivre l'impossible», explique l'organisatrice Caroline Gagnon.
Il y aura facilement 250 personnes sur le site. L'organisation compte sur la participation d'une cinquantaine de bénévoles la journée même, arbitres, cuisiniers, photographes, etc. Chaque athlète est aussi accompagné d'une personne pour s'en occuper.
Accueillir une telle clientèle en perte d'autonomie est aussi un défi en soi, raison pour laquelle les olympiques se déroulent au CHSLD. L'établissement est bien équipé pour la recevoir, avec un service d'infirmerie et des équipements adaptés. Par ailleurs, les délégations provenant de chacun des centres sont responsables des repas et des soins de leurs participants. Certains se déplacent accompagnés de préposés aux bénéficiaires.
Toute une organisation, qui, espère Caroline Gagnon, fera mentir «ceux qui disent qu'il ne se passe rien dans les CHSLD! Moi, je peux vous dire qu'il se fait des belles choses!»
Collectionner les victoires
Au CHSLD Vigi Notre-Dame-de-Lourdes, Marie-Jeanne Corriveau, 92 ans, se préparait, hier, à affronter ses consoeurs et confrères aux poches et à la pétanque. «J'ai gagné trois fois, je les ai, les médailles!» À savoir si elle aura autant de chance pour sa septième participation, «on va voir», mais elle aimerait bien : «Quand ça passe, on le prend!», dit-elle.
Véronique Giguère, elle, est dans la soixantaine. Elle est beaucoup plus catégorique quant à ses espoirs de médailles : «Cette année, j'espère en gagner au moins une!» Elle a eu cette chance à trois reprises lors de ses participations précédentes, au golf et aux quilles. «Ça n'arrive pas tous les jours, je n'en avais jamais gagné avant! Je les ai gardées et je les ai mises dans une boîte spéciale», raconte-t-elle. Elle a participé aux deux pratiques organisées par le Centre, dans l'espoir d'en ajouter une à sa collection.
«J'haïs pas ça», s'exclame-t-elle, en parlant de l'événement annuel. «On aime lire, oui, mais ça change les idées! On aime le changement de temps en temps, je trouve ça distrayant.»
Ce qui l'intéresse lors de cette journée, ce n'est pas tant le social, mais le sport. «On jase pas mal à l'année, alors notre but principal, c'est le sport» tranche-t-elle.»Â












