C'est une mise en scène semblable qui pourrait coûter la vie à une jeune fille de 17 ans de Drummondville qui a subi de graves blessures à la tête vers minuit trente mardi matin et qui reposait mardi, en fin de soirée entre la vie et la mort à l'hôpital, à Trois-Rivières.
L'accident se serait produit au moment où la victime prenait place sur le coffre arrière de la voiture qui roulait à basse vitesse dans une rue d'un quartier résidentiel de Drummondville. Deux autres jeunes filles se trouvaient alors debout sur le toit du véhicule. La conductrice, Jessica Gauthier, 18 ans, a été accusée de conduite dangereuse causant des lésions. C'est le deuxième drame du genre à survenir en moins d'un mois. Plus tôt en juillet, Kevin Ducharme, 38 ans, perdait la vie dans la région de Montréal dans des circonstances similaires.
Si le car surfing demeure peu courant ici selon la Sûreté du Québec, cette pratique à haut risque commence à faire l'objet d'une attention plus poussée aux États-Unis où elle ne cesse de gagner en popularité auprès des adolescents depuis le milieu des années 90.
Un article, «Neurological injuries from car surfing», paru aux États-Unis dans le Journal of Neurosurgery le 17 juillet, tente de faire la lumière sur ce qui pousse les jeunes à mettre leur vie ainsi en danger. Les neurochirurgiens qui ont mené l'étude ont constaté une augmentation des accidents en relation avec le car surfing depuis le début des années 2000 et l'apparition des jeux vidéo Grand Theft Auto et Jackass, le jeu vidéo et les films. Les auteurs ont aussi observé une augmentation des accidents mortels depuis 2005 avec l'arrivée du site de partage de vidéos YouTube, où, de 2006 à 2008, quelque 350 clips mettant en scène des enfants et des adolescent faisant du car surfing sont apparus.
Joint au UH Rainbow Babies and Children's Hospital à Cleveland, en Ohio, Shenandoah Robinson, coauteure de l'article, soutient néanmoins que le phénomène social du car surfing est «multifactoriel» et qu'on ne peut pas établir un lien de causalité avec les jeux vidéo, les films Jackass et YouTube. «Ce que nous avons observé, c'est une corrélation entre la parution des nouvelles éditions de Grand Theft Auto et des Jackass et l'augmentation des accidents liés au car surfing. On ne peut rien prouver. Mais disons que ces formes de divertissement n'aident sûrement pas. Dans un jeu vidéo, le personnage qui meurt réapparaît tout de suite après. Ce n'est pas comme ça dans la vie...»
Une autre étude conduite aux États-Unis de 1990 à août 2008 a identifié 99 cas de blessures découlant du car surfing. De ce nombre, 58 se sont avérés mortels. Dans 45 des 58 décès répertoriés (78 %), c'est un traumatisme crânien qui a causé la mort. Soixante-dix des 99 blessés étaient des hommes. Dans 69 % des cas, les blessés étaient âgés de 15 à 19 ans. L'âge moyen des accidentés était de 17,6 ans.









