Christiane Leclerc ne l'a pas eue facile ces dernières années. Victime d'un grave accident dans les années 80, elle porte en permanence un neurostimulateur pour atténuer sa douleur aux jambes. Malgré cela, elle marche difficilement et vit régulièrement des épisodes de douleur intense. Elle ne peut travailler plus d'une quinzaine d'heures par semaine.
En 2005, Mme Leclerc habitait un logement subventionné par l'Office municipal d'habitation de Québec (OMHQ). «C'était insalubre. J'avais des gros trous au plafond de ma salle de bains, l'eau coulait, j'avais une grosse fissure au plafond de ma chambre, la hotte du poêle faisait des courts-circuits...» Des moisissures lui ont aussi occasionné des problèmes de santé.
Elle s'est battue pour faire faire les réparations nécessaires. «Tous les problèmes se sont enchaînés, même qu'on est passé en cour plusieurs fois. La dernière fois, il [le propriétaire] m'a emmenée pour le chien en cour.» Mme Leclerc jure qu'elle n'avait jamais eu de plaintes au sujet de Peggye, huit ans, qui a écouté paisiblement, couchée sur le lit, la longue conversation lors de la visite du Soleil. Bien que le propriétaire tolérait Peggye, «vu que c'était pas marqué dans le bail, c'est là qu'il a réussi à m'expulser».
Depuis ce temps, Mme Leclerc vit de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel. La situation ne devait être que temporaire au dire de l'OMHQ, le temps de trouver un autre logement, mais elle dure depuis avril 2008, soit plus de 15 mois. Elle dit avoir cogné à plusieurs portes pour demander de l'aide : le CLSC, l'Armée du Salut, Lauberivière... «Ils me disent : on ne peut rien faire pour un logement.»
«Je suis à bout, je suis plus capable», sanglote Mme Leclerc. Elle a récemment tenté de mettre fin à ses jours, ce qui lui a valu un séjour de deux semaines en psychiatrie. Elle s'attendait au moins à y recevoir de l'aide. «Quand je suis sortie de l'hôpital, ils m'ont dit de m'arranger, que j'étais capable. Débrouillez-vous, c'est ce qu'elle [une agente de l'OMHQ] me disait au téléphone!»
Pourtant, elle est encore admissible au programme de logement subventionné. Elle doit trouver un trois et demi à moins de 600 $ par mois. Elle aurait besoin d'un logis qui accepte les chiens, dans le nord de la ville, et qui pourrait lui permettre de loger son fils. «J'en trouve pas : y'en a pas! C'est 600 $ en montant, et eux [l'OMHQ], ils veulent pas donner plus.» Elle continue ses recherches, malgré plusieurs tentatives qui se sont soldées par des échecs.
Christiane Leclerc a appelé Le Soleil en désespoir de cause. En attendant de trouver, elle doit payer son hôtel et l'entreposage de ses meubles. Elle sent qu'elle arrive au bout de ses recours et de ses réserves... >













