Des géants du monde du jeu comme Electronic Arts procèdent à des restructurations et suppriment des postes. D'autres choisissent de limiter la croissance et d'autres encore comme Ubisoft, à Montréal, et Frima Studio, à Québec, ajoutent le volet effets spéciaux avec une pointe dans le cinéma pour ajouter des cordes à leurs arcs. Le monde du jeu n'est pas en péril, ni sur les consoles, ni sur la table de la cuisine. Au contraire, le monde du jeu de société continue sa croissance dans l'univers du divertissement malgré une concurrence féroce.
«Les jeux vidéo sont souvent des jeux individuels, mais pas les jeux de société», selon Marc Fournier, directeur recherches et développement chez les Éditions Gladius International. «Il n'y a rien qui remplace les rires, les taquineries, les expressions de joie ou de frustration autour de la table. Tout le côté émotif qui se partage entre les joueurs, que ce soit les parents avec leurs enfants ou entre des adultes, il n'y a pas grand jeu vidéo pour le reproduire.»
Se basant sur les statistiques du taux de natalité au Québec, qui était à 1,2 enfant par famille en 1993 et est passé à 1,9 maintenant, il soutient que les familles prennent plus de temps pour s'amuser ensemble.
«Nous avons remarqué qu'il y a un fort retour vers les jeux de société au Québec, poursuit M. Fournier. Le contexte économique y est peut-être pour quelque chose, mais chose certaine, les gens ont envie de passer du bon temps ensemble, ce qui est moins évident devant une console de jeu vidéo.»
Les jeux de société sont encore très populaires, disent des commerçants rencontrés dans une tournée rapide en fin de semaine. Les tablettes sont pleines de nouveautés pour la période des Fêtes, moment fort pour les ventes, même si les commis disent vendre des jeux de société à longueur d'année.
À titre d'exemple, Gladius International assemblera plus de 600 000 unités de jeu de société dans ses locaux à Québec cette année. «En 2007, le jeu de table Le cercle fut le jeu de société le plus vendu au Canada, ajoute M. Fournier. En 2008, ce fut La classe de 5e, avec quelque 47 000 exemplaires, et, cette année, on s'attend à en vendre plus de 50 000. En 15 mois, ce jeu pourrait facilement franchir le cap des 100 000 unités, tout un record pour un produit vendu uniquement au Québec et en français seulement.»













