La fondatrice des Dominicaines adoratrices a donné de nombreuses conférences, comme sur cette photo, mais elle n'écrivait pas de texte. Heureusement que les membres de sa communauté enregistraient ses propos, sinon les archives seraient moins importantes.
C'est ainsi que prendra fin l'enquête diocésaine sur la vie de mère Julienne, première étape avant qu'elle puisse porter le titre de «vénérable» si le procès à Rome conclut que la fondatrice de la communauté a pratiqué les vertus chrétiennes d'une manière exceptionnelle. Un comité d'experts étudiera toute la documentation pendant qu'un rapporteur préparera un résumé de la cause avec l'aide de soeur François Guillot, vice-postulatrice de la cause de mère Julienne.
Née le 23 mai 1911 dans la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, Julienne Dallaire a passé sa vie dans le quartier Saint-Roch. «Elle est entrée trois fois dans au couvent, dans des communautés différentes, mais elle a dû quitter chaque fois à cause de problèmes de santé», raconte soeur Guillot, qui a vécu avec la fondatrice dans la communauté qui compte aujourd'hui une soixantaine de religieuses. Mais ce ne sont pas les problèmes de santé qui allait arrêter mère Julienne et elle a fondé la communauté le 30 avril 1945.
Attente d'un miracle
Pour l'étape de la béatification, il faudra un miracle, une guérison que la médecine moderne ne peut expliquer. Et encore un autre miracle pour être canonisée et proclamée sainte. Chaque fois, la cause sera entendue de nouveau par des experts de la congrégation romaine pour la cause des saints. «Nous prions beaucoup pour qu'un miracle se produise, indique soeur Guillot. Ce miracle, c'est en quelque sorte le sceau de Dieu montrant les qualités exceptionnelles de la vie de foi de mère Julienne.»
Il y a quelques bienheureux au Québec, mais ce sont des béatifications dites historiques, comme celles de Mgr Laval ou de Kateri Tekakwitha, mais Julienne du Rosaire, qui a vécu à Québec, fait partie des rares contemporains, avec Dina Bélanger, le frère André et le père Victor Lelièvre, Délia Tétreault ou Marie Fitzback, par exemple, à être sur la voie de la sanctification.
Au moment de sa mort en janvier 1995, dans l'année du cinquantenaire de la fondation, la réputation de mère Julienne était telle que la foule se pressait au couvent pour lui rendre un dernier hommage.
Les témoignages de l'intercession de mère Julienne viennent de toute part, «sans que nous ayons demandé quoi que ce soit, précise soeur Guillot. Dans Le Soleil, par exemple, il y a eu au moins 1000 publications de remerciement pour des faveurs obtenues. Plusieurs de ses écrits sont publiés en anglais, en espagnol et dans plusieurs pays sans notre intervention.»
Mgr Maurice Couture, alors évêque de Québec, suggère de recueillir les témoignages des personnes proches de mère Julienne pour un éventuel procès de béatification. Heureusement que cela fut fait, car quatre témoins sont morts avant l'enquête diocésaine amorcée en 2008 après avoir été annoncée par le cardinal Marc Ouellet pendant le Congrès eucharistique international à Québec même si le processus de béatification, lui, avait été enclenché en 2004 par le diocèse de Québec avec la recension et l'étude de tous les écrits de mère Julienne.
«Une centaine de témoins ont été entendus sur divers aspects de la vie de mère Julienne, souligne soeur Guillot. Et nous avions beaucoup de documents enregistrés, car elle n'écrivait pas toujours ses enseignements, mais elle les donnait de vive voix, directement. Nous avions enregistré ses conférences pour les envoyer à nos soeurs en mission ou les faire écouter à celles qui étaient absentes. Mère Julienne voulait que nous les effacions. Heureusement que nous ne l'avons pas toujours écoutée et que nous avons pu conserver environ 500 enregistrements.»
Dans sa mission de faire connaître l'amour de Jésus dans l'eucharistie, la fondatrice n'a jamais profité de congés, elle qui était toujours tournée vers les autres, occupée à recevoir des gens pour les encourager, ou à répondre au téléphone à des personnes qui avaient besoin de son support. Même épuisée par la maladie, lors des activités du 50e anniversaire, elle tenait à saluer les gens un à un.
Soeur Guillot rapporte avec émotion ces mots prononcés par mère Julienne à la fin de sa vie : «Ma vie s'achève, ce n'est qu'une apparence. Mais ma mission va commencer.»
L'accès à la cérémonie à la basilique de Québec, dimanche soir, est réservé aux personnes ayant reçu une invitation.











