Vieux jeu, les Fermières?

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Geneviève Gourdeau, collaboration spéciale
Le Soleil

Quand on pense aux Cercles de Fermières(CPQ), on a bien sûr l'image de la grand-mère qui tricote. Pourtant, en cette ère ou l'environnement fait la manchette, ces femmes sont dans le coup plus que jamais. Elles recyclent. Elles restaurent de vieux objets. Elles transmettent les façons de faire. Elles font du développement durable.

Il faut les voir à l'oeuvre, ce lundi matin de janvier, dans leur petit local à Neuville. Les Fermières, ici, occupent le deuxième étage de la Maison des jeunes, au coeur du village. Une dame recycle de vieilles poupées pour leur donner une seconde vie. Une autre fait de beaux foulards avec des morceaux de chandails. Avec de vieux bouts de tissus, on fait les fameuses courtepointes. Les Fermières sont en fait des designers, des artisanes écolos. Inventives, elles font du neuf avec du vieux.

Pour voir du monde

Si les principales activités des Fermières sont le tissage, le tricot, la broderie et la courtepointe, inutile d'être experte en la matière pour être membre d'un cercle.

«Il y en a beaucoup qui viennent aux rencontres et qui ne cousent pas, ne tissent pas, ne tricotent pas, mais c'est pour voir du monde. On n'est absolument pas obligée d'avoir une quelconque expertise pour être dans les Fermières. Tu rencontres d'autres femmes, tu te fais de nouvelles amies», m'explique Claudine Lachance, la présidente du cercle de Neuville.

Et que fait-on lors des rencontres?

Lors de la rencontre de février, pour la Saint-Valentin, un échange de sucreries et une dégustation de thés étaient au programme. «Il y a aussi des soirées thématiques : voyages, santé mentale, ateliers d'artisanat, scrapbooking, fabrication de savons, massothérapie, psychologie, esthétique et coiffure, conciliation travail-famille, on peut vraiment aborder n'importe quel sujet qui touche la vie des femmes», raconte Mme Lachance.

Alors, c'est plus qu'une affaire de grand-mère qui tricote. Définitivement.

38 000 voix

Au palier provincial, les CFQ font entendre leurs 38 000 voix par le biais de recommandations à l'Assemblée nationale sur la santé, l'éducation, la sécurité et l'environnement. Certaines ont déjà trouvé écho auprès des autorités, comme la résolution de 2005 sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Les CFQ contribuent également généreusement au programme OLO (orange-lait-oeuf), qui soutient l'alimentation des femmes enceintes à faible revenu. «Les CFQ ont contribué pour environ 800 000 $ à ce programme depuis 1992. Les membres font des collectes dans leurs communautés, vendent de l'artisanat qu'elles fabriquent et donnent l'argent directement au programme OLO. Même si elles ont 95 ans, les Fermières sont encore bien de leur temps. Nos préoccupations sont toujours actuelles», précise Yolande Labrie.

 

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