Les femmes vintage: trop belles pour être fausses

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) La cohorte des baby-boomeuses a beau être nombreuse, elle arrive dans une société où il est interdit de vieillir, déplore Jocelyne Robert qui aborde le sujet de front dans son nouveau livre Les femmes vintage. Un essai au ton très personnel où la sexologue bien connue livre un vibrant plaidoyer pour l'authenticité.

«La société est faite de grands paradoxes, mais le plus épouvantable est le fait qu'on est obligé de vieillir, mais qu'en même temps, la société nous casse les oreilles pour nous dire qu'on n'a pas le droit de vieillir. C'est quelque chose de vivre avec ça!» lance Jocelyne Robert au bout du fil à propos de son nouveau livre Les femmes vintage.

La solution de Mme Robert : oser affronter la difficulté de la soixantaine. Sans tabou, elle partage sa propre expérience pour parler du temps qui passe, de la mort, de la peur, de la sexualité passé la soixantaine. Autant de thèmes qu'elle aborde dans ce livre où l'analyse de la spécialiste est ponctuée de passages d'auto-fiction, gracieuseté de la pétillante Gwendoline Dubois, personnage créé par Jocelyne Robert qui tient beaucoup de l'auteure elle-même.

La jeunesse éternelle

Il est aussi beaucoup question de beauté physique, illustration la plus concrète des diktas de notre siècle qui n'en a que pour la jeunesse éternelle. C'est doublement vrai pour les femmes. Et encore plus vrai pour les femmes publiques, estime la sexologue.

Mais attention, Les femmes vintage n'est pas une charge contre les femmes qui ont recours à la chirurgie, précise Jocelyne Robert. «Je ne veux pas mettre les femmes en opposition entre celles qui sont pour ou celles qui sont contre. Je veux par contre que, pour une fois, on se demande pourquoi les femmes ont des chirurgies.»

Une façon, dit-elle, de comprendre qu'à la peur de perdre la jeunesse ou la beauté, la société n'a que la chirurgie à proposer. «Bordel, il y a peut-être d'autres solutions!» lance l'auteure qui a aussi voulu montrer «ce qu'on perd avec la chirurgie esthétique».

Au premier chef, la diversité des visages, tellement standardisés par le Botox qu'ils en viennent à ne plus exprimer d'émotions. «Leurs traits d'origine sont disparus derrière un visage sérigraphié, décalqué sur un cliché facial au goût du jour», écrit-elle avec un style vif et coloré.

Jocelyne Robert confie aussi avoir été frappée par la mort de la femme d'affaires et fondatrice de Cinar, Micheline Charest, décédée à 51 ans sur la table d'opération d'une clinique de chirurgie esthétique en 2004. «Ça m'a fait poser la question sur la quête de jeunesse», dit-elle.

Fragilité de la vie

Peur, mort, fragilité de la vie : des thèmes lourds, mais que Mme Robert ponctue aussi de moments de bonheur, de quelques conseils, de façons d'accepter son âge.

Car oui, la soixantaine peut aussi être sereine, belle, pleine d'amitié, de famille, de temps pour soi. On peut dépasser la soixantaine au naturel, nous dit Jocelyne Robert en substance. Comme un bon porto qui s'améliore en mûrissant. D'où le terme vintage.

Au fait, qu'est-ce qu'une femme vintage? «Ce n'est pas une femme trop belle pour être vraie. Encore moins celle qui est trop fausse pour être belle. C'est celle qui est trop belle pour être fausse», résume Jocelyne Robert dans son livre qui, espère-t-elle, ne s'adressera pas qu'aux femmes. «C'est évident que le public premier, le partage de ce livre sera avec les femmes mûres et mûrissantes. Mais il s'adresse aussi, par ricochet, à tous les hommes qui les aiment, ces femmes-là!»

JOCELYNE ROBERT, Les femmes vintage, Les Éditions de l'Homme, 204 p.

 

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