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Toronto: cinq millions d'habitants, 64 nationalités et 110 langues

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La tour du CN et la vue imprenable... (Photo collaboration spéciale, Sylvie Ruel)

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La tour du CN et la vue imprenable de là-haut.

Photo collaboration spéciale, Sylvie Ruel

 

Sylvie Ruel, collaboration spéciale
Le Soleil

Saluée par un joueur de cornemuse à la sortie de la gare Union, sur Front Street, c'est un chauffeur de taxi d'origine indienne qui me conduit à l'hôtel King Edward, au centre-ville, où je suis accueillie par une charmante asiatique aux yeux bridés. Le temps de déposer la valise, je rejoins mon guide Joseph Labriola, un Italien qui a étudié le français en Égypte, vécu en Australie, pour ensuite débarquer à Montréal durant Expo 67 pour finalement adopter Toronto, où il vit depuis 1981.

Voilà mon premier contact avec Toronto, que je n'avais pas vue depuis des lustres. J'apprendrai que la ville compte 2,5 millions d'habitants et que le grand Toronto, en compte plus de cinq millions, dont la moitié viennent de l'extérieur... Qu'on y dénombre 64 nationalités et plus de 110 langues parlées... Et que Toronto semble avoir bien réussi le mariage des cultures. «Quel que soit l'endroit d'où viennent les visiteurs, nous n'entendons jamais de commentaires racistes», exprime Jean Guillaumot, un Parisien qui dirige le très british King Edward Hotel, au coeur du centre financier de la ville. «Toronto est la ville la plus multiculturelle qui soit.»

Cette ville anglo-saxonne à l'origine, qu'on appelait «Toronto the good» en raison de son côté conservateur et ennuyant, s'est transformée lentement avec l'arrivée massive des Européens de l'Ouest et de l'Est après la guerre, mais c'est surtout l'immigration asiatique durant les années 70 et 80, qui a changé le visage de la métropole canadienne.

Aujourd'hui, Toronto est essentiellement une ville de quartiers : ses nombreuses communautés culturelles se sont regroupées dans des quartiers en préservant leur identité et leurs traditions. Et c'est bien là que se trouve l'âme de Toronto.

Le coeur de la ville

Au coeur de la ville, le quartier des affaires et du spectacle est peuplé d'une forêt d'édifices de verre et d'acier. Il est animé et grouillant le jour, mais il se vide à la fermeture des bureaux. La bourdonnante Bay Street, où s'alignent toutes les banques du monde et que l'on surnomme Wall Street redevient silencieuse à la tombée du jour.

Toutefois, on commence à voir apparaître dans le quartier des unités d'habitation où vivent les travailleurs du quartier. Après le bureau, ces derniers fréquentent les bars et restaurants du quartier, redonnant un peu de vie à l'endroit. «Il y a une volonté de voir revenir les gens au centre-ville», affirme Eliane Deloithe, guide touristique à Toronto.

On y trouve bien sûr la tour du CN - la plus haute du monde avec ses 553 mètres - qui est l'icône de la ville. Si vous décidez d'aller manger dans son restaurant tournant au sommet, allez-y de préférence au coucher du soleil pour admirer le spectacle. D'un côté, le regard surplombe la ville avec ses gratte-ciel et de l'autre, le lac Ontario avec ses petites îles verdoyantes et petites marinas.

Une ville de quartiers

Qui dit communautés culturelles, dit par le fait même festivals, musiques, couleurs, saveurs... et découvertes culinaires, au grand bonheur des amateurs de cuisines ethniques. «Pour nous, gens de Toronto, ce sont nos villages et nos quartiers qui représentent le véritable Toronto», affirme Eliane Deloithe, qui est guide touristique à Toronto. Originaire de Normandie, Eliane vit dans le quartier grec.

Chinatown

L'un des quartiers les plus populaires est le vieux Chinatown, situé autour de l'avenue Spadina (on trouve jusqu'à sept marchés chinois dans la ville). Regroupant près de 600 000 chinois, il abrite la deuxième en importance communauté chinoise au Canada, après Vancouver. On y trouve des magasins, des marchés de produits frais et parmi les meilleurs restaurants asiatiques au Canada, dit-on. Le dimanche matin, les familles chinoises envahissent le quartier pour s'offrir le fameux dim sum (le brunch chinois). Tout près, le Kensington Market offre un véritable tour du monde, avec ses produits provenant de l'Asie, de l'Amérique Latine, du Moyen-Orient.

Yorkville, Forest Hill

Yorkville, avec ses bâtiments victoriens, était le quartier des musiciens et des hippies durant les années 60; il est devenu un quartier ultra chic, avec ses galeries d'art, boutiques de mode, hôtels cinq étoiles et restos de fine cuisine. «C'est ici que Gordon Lightfoot et Neil Young ont fait leurs débuts», nous dit un marchand du quartier. Autre quartier chic : celui de Forest Hill, au nord de St. Clair Avenue, un quartier très vert où l'on peut voir les résidences parmi les plus prestigieuses de la ville, ainsi que le réputé Upper Canada College.

L'Annex

Près de l'Université se trouve L'Annex, caractérisé par ses maisons à pignons, à tourelles et à corniches. C'est le quartier des professeurs d'université, journalistes, écrivains, dont Margaret Atwood. Il est agréable d'y marcher à pied et de s'arrêter dans ses boutiques et restaurants. On peut y voir et visiter la Casa Loma, un immense château écossais de 98 pièces construit en 1914 pour le colonel Sir Henry Mill Pellatt, un original qui avait fait sa fortune dans les compagnies d'électricité et de transport. C'est aussi dans ce quartier que se trouve le Bata Shoe Museum, un musée unique en Amérique du Nord. Thomas J. Bata, fils d'un important fabricant de chaussures tchèque émigré au Canada au début de la Seconde Guerre et sa femme Sonja ont voyagé à travers le monde et voué une véritable passion à la collection de chaussures.

Cabbagetown

Un quartier agréable à voir est le quartier Cabbagetown (la ville aux choux) qui gravite autour de Parliament Street. Le quartier doit son nom aux Irlandais les plus pauvres qui s'y installèrent vers 1840, après avoir fui la famine de leur pays. Ces derniers plantaient des choux devant leurs maisons en guise de pelouses. Aujourd'hui Cabbagetown, avec ses maisons victoriennes rénovées bordées de jolis jardins et clôtures de fer, est un quartier branché. Tout comme le Distillery District, un quartier piétonnier dans le vieux Toronto, où se trouvait la distillerie Gooderham & Worths Distillery Limited. Les vieux édifices de briques rouges ont été recyclés et ils abritent maintenant des boutiques, restos et galeries d'art. C'est dans ce quartier que la Torontoise Johanne Thompson tient avec son conjoint Sylvain Landry, chef d'orchestre québécois, la boutique A taste of Quebec qui met en valeur les produits gourmands du Québec. Le couple dirige également La Thompson Landry Gallery, où sont représentés plus de 35 artistes québécois en arts visuels. «Environ 200 000 Québécois et francophones vivent à Toronto, et ils sont bien heureux de retrouver ici un petit goût du Québec», dit Mme Thompson, en désignant  le comptoir des fromages du Québec.

Les Îles

Pour prendre congé de l'animation de la ville, on peut monter à bord d'un traversier et se rendre dans les îles... il y en a 17. On s'y rend pour pique-niquer, relaxer. C'est aussi de là que vous aurez l'une des plus belles vues de la métropole du Canada.

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