Le volcan Pacaya se trouve à environ une heure de route au sud de la ville La Antigua Guatemala (simplement appelée Antigua, soit «ancienne»). Avec son petit air colonial, Antigua est sans conteste la plus belle - et conséquemment la plus touristique - ville du Guatemala. Réputée pour ses écoles de langues, plusieurs viennent y apprendre l'espagnol. On peut d'ailleurs visiter les principales attractions guatémaltèques à partir de cette ville, site du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Trois gros volcans dominent la ville de quelque 40 000 habitants : le Volcán de Agua («d'eau»), L'Acatenango, qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1972, et le Volcán de Fuego («de feu»), connu pour sa constante, quoique légère, activité. Mais le volcan le plus achalandé du Guatemala demeure le Pacaya, qui crache lave et fumée depuis 1965.
Pour une dizaine de dollars (il faut magasiner, plusieurs agences offrant le trajet), une navette vous conduira d'Antigua au volcan Pacaya. Là-bas, un guide vous attendra pour gravir la montagne en éruption. Les départs se font tôt en matinée, vers 6h, ou en après-midi, à 14h. La deuxième option permet d'observer la lave ardente couler dans la pénombre, mais la pluie étant plus probable à cette heure du jour, elle pourrait venir gâcher le spectacle. L'ascension prend près d'une heure et demie et un bon marcheur ne trouvera pas la route éreintante.
Après cette escapade, de retour vers Antigua. Même si elle est tracée en damier, la ville est déroutante au premier abord. Les numéros de rue semblent souvent dissimulés. On tourne donc facilement en rond. Si on s'égare, on peut toujours se fier au Parque central, grand espace vert dans le centre de la ville, où les locaux comme les touristes viennent relaxer. Il s'agit aussi d'un endroit de prédilection pour les cireurs de chaussures qui vous offriront sûrement de rafraîchir vos bottines pour une poignée de change. Antigua ne représente toutefois pas vraiment le Guatemala : ses rues sont pavées, les fils électriques beaucoup moins apparents et les trottoirs vraiment plus propres. Il faut nécessairement en sortir pour explorer le pays, même si Antigua nous retiendrait aisément plus longtemps.
Mais avant de s'aventurer dans les transports, il faut s'assurer de s'accommoder au «temps guatémaltèque», la notion semblant beaucoup plus relative en terre maya. Le Guatemala n'est en effet pas pour les impatients. Deux fois en deux semaines en mai dernier, le transport prévu a été annulé, sans préavis et sans solution de rechange.
Le marché de Chichi
À environ deux heures et demie de route d'Antigua se trouve Chichicastenango - souvent simplement appelé Chichi (se dit «tchi-tchi») - et son très coloré marché. Le jeudi et le dimanche, artisanat, fleurs, en-cas et tissus se côtoient dans les rangées d'étals qui serpentent dans les rues de la ville. L'effervescent marché est impressionnant et vaut le détour.
Au centre de Chichi, l'église de Santo Tomas flotte dans la fumée de l'encens que les Mayas y font brûler. Les vendeuses de fleurs se massent dans ses marches, un bon endroit pour se poser d'ailleurs, en plein centre de l'action, pour observer les allées et venues des vendeurs et des clients.
Les marchés du Guatemala sont à l'image du pays : un kaléidoscope de couleurs. Une joyeuse cacophonie où s'entremêlent costumes, dialectes et odeurs. Dans les allées résonnent de nombreux Adelante! («Entrez!»), souvent lancés sans conviction. Étrange, aussi, comment les vendeurs de rue sont persuadés que tout visiteur voudra absolument se procurer une machette en souvenir!
Les villages du lac Atitlan
Autre choix : Panajachel et le lac Atitlan dans les Hautes-Terres de l'Ouest, aussi située à environ deux heures et demie de route d'Antigua.
Panajachel est très touristique et sert souvent de point de transit pour aller explorer les villages autour du lac Atitlan. Plusieurs bateaux offrent d'ailleurs des excursions d'une journée, les villages visités pouvant varier. Le lac turquoise est d'ailleurs très invitant. Mais les déchets qui flottent à sa surface refrènent sèchement les envies de baignade. Dommage.
San Antonio Palopo, peu connue, se démarque des autres bourgades. Une odeur d'échalote flotte dans l'air du petit village fermier. On y trouve en fait de nombreux jardins d'oignons verts, cultivés par ses habitants. Les femmes ainsi que les hommes portent le traje, le costume traditionnel, qui servait à l'origine à distinguer les habitants des différents villages guatémaltèques. Certaines vendeuses de tissus insisteront peut-être pour vous coiffer d'un bout de textile, savamment entortillé, comme elles le portent, question de vous donner un petit look local. Une dame a d'ailleurs profité de ma faible résistance pour tenter de me passer un huipil, une tunique sans manche aux couleurs du village. Ce ne fut pas un grand succès, les habits traditionnels étant conçus à la taille maya...
Tikal
Le parc national de Tikal, au nord du pays, contient les restes d'une des plus vieilles civilisations mayas. À ne pas manquer, même s'il faut parcourir le pays pendant plusieurs heures en autocar, ou prendre l'avion de Guatemala City.
Tôt le matin, l'ancienne citée, peu achalandée, appartient encore à la faune. Coatis, toucans et singes hurleurs imposent leur présence. Jamais des ruines n'ont paru aussi vivantes. Par les fragiles marches que l'on ne voudrait pas effriter ou par les structures un peu trop brinquebalantes, on peut gravir un grand nombre de temples. Il faut y monter pour admirer l'impressionnante vue sur la jungle où des bribes d'histoire maya demeurent toujours cachées. Au travers des temples découverts qui pointent hors de la touffue verdure, on s'imagine découvrir de nouvelles structures, encore camouflées sous les collines aux formes incongrues.
Monterrico
Monterrico est synonyme de fin de semaine pour les Guatémaltèques. Samedi et dimanche, les citadins s'échappent sur le bord du Pacifique pour profiter de sa longue plage de sable noir - brûlant sous le soleil de midi! - et ses impressionnantes vagues. On y va pour relaxer, rien de plus. En mai dernier, l'air pesant donnait l'impression de vivre au ralenti. Le pas se fait plus lourd et les idées de longues randonnées s'estompent rapidement, ramenant le voyageur zélé au diapason du «temps maya». Farniente presque obligé. Mais qui va s'en plaindre?











