Il s'agit de l'un des trois seuls concerts donnés par l'ex-Beatle depuis le début de 2008. Il s'est produit à Liverpool, là où on peut toujours voir la légendaire arche de briques de The Cavern sous laquelle sa carrière a débuté. Il a aussi chanté à Kiev. Au fait: lorsqu'il y a interprété Back In The USSR , s'est-il trouvé, chez ces Ukrainiens jadis écrasés par Moscou comme peu de peuples le furent par quiconque, des gens pour dénoncer une si joyeuse référence à l'impérialisme soviétique?
La question fait sourire, bien sûr. Mais elle en amène une autre, très sérieuse, celle-là: est-il absolument indispensable que la politique empoisonne tout, partout, tout le temps, pour tout le monde, en toutes circonstances, comme le fait aussi la religion?
Apparemment, oui. De sorte qu'est lancée une campagne de protestation à saveur nationaliste ciblant cette nouvelle invasion britannique. Elle est évidemment endossée par quelques-unes des personnalités pittoresques que l'on croise dans ce musée idéologique depuis ce qui nous semble être des siècles. Plus Pierre Curzi, ce brillant comédien que l'on s'étonne de retrouver en pareille compagnie. Mais il est vrai qu'il est dorénavant entré en politique - comme on dit: entré dans les ordres - puisqu'il est depuis 2007 député péquiste et critique en matière de culture.
De culture.
Or, Paul McCartney est un monument vivant de la culture du XXe siècle. Ce qu'il a créé, seul et avec d'autres, constitue une oeuvre majestueuse, intemporelle, universelle. Dans trois jours, des dizaines de milliers de Québécois jouiront de son concert, exactement comme le ferait n'importe quel autre peuple sans égard à la couleur ou à la langue, aux convictions politiques inébranlables ou aux articles de foi non négociables.
Pendant quelques heures, dimanche, donnons une chance à la paix, comme l'a suggéré un regretté comparse de Sir Paul, un jour où il occupait un grand lit de l'hôtel Reine-Elizabeth, ce qui ne disqualifie pas sa chanson.









