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L'envers de la médaille au CHUM

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Les textes publiés récemment dans La Presse sur l'organisation des soins et... (PHOTO: FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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PHOTO: FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

 

Serge LeBlanc

Les textes publiés récemment dans La Presse sur l'organisation des soins et des services offerts au CHUM méritent d'être nuancés. Voici une autre vision de cette réalité.

Rappelons les objectifs de notre projet de concentration de certaines des spécialités médicales, dans les hôpitaux du CHUM: la cardiologie à l'Hôtel-Dieu, les neurosciences à l'hôpital Notre-Dame et l'urologie à l'hôpital Saint-Luc.

Ce projet visait à créer une synergie au niveau des équipes médicales et professionnelles. En regroupant leurs expertises, en favorisant le partage des connaissances, c'est toute l'organisation des soins autour du patient qui en a profité, cela en accomplissant nos missions d'enseignement et de recherche.

De plus, le rehaussement des installations dans des lieux adaptés aux nouvelles technologies et les investissements dans des équipements médicaux à la fine pointe ont représenté des éléments significatifs dans cette stratégie. Bref, le CHUM avait le devoir de réviser ses pratiques, de se coller aux plus récentes tendances et de s'assurer de proposer un environnement de soins sécuritaires et de haute qualité.

La concentration des expertises au bénéfice de la clientèle engendre, certes, des déplacements interhospitaliers. À ce propos, durant les derniers mois, notre moyenne quotidienne a varié de quatre à six déplacements interhospitaliers par ambulance, dont deux à trois déplacements provenaient de nos urgences, et ce, considérant un volume annuel de 30 000 hospitalisations, 120 000 visites aux urgences et 400 000 visites en ambulatoire.

Bon an mal an, arrivées et départs de médecins au CHUM s'équilibrent. Depuis les débuts du CHUM, mentionnons l'arrivée de 374 nouveaux médecins qui ont obtenu des privilèges de pratique au CHUM.

L'informatisation des dossiers médicaux progresse bien. Un seul code d'accès est nécessaire pour accéder aux résultats d'examens diagnostiques par le biais de notre système d'information clinique OACIS, un projet conjoint CHUM-CUSM. OACIS collige les données dans un dossier électronique unique accessible en tout temps, de partout dans le CHUM et même à distance. La numérisation des dossiers médicaux permettra sous peu à l'ensemble des cliniciens d'avoir accès à d'autres éléments, comme les notes rédigées par les médecins.

Depuis juin 2008, la direction générale du CHUM et le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) ont créé un canal de communication fluide et continu. Pour contrer les irritants de toutes sortes, le CHUM a notamment procédé à l'implantation d'un service de navettes et à l'harmonisation du transport ambulancier inter-CHUM.

Le CHUM est un centre de référence ultraspécialisé qui accueille des patients provenant de l'ensemble du Québec. Notre préoccupation constante: des soins et des services de la plus grande qualité.

De façon générale, le climat qui règne au CHUM est bon. L'annonce officielle faite par le gouvernement du Québec pour la construction du CHUM et de son centre de recherche a certainement contribué à réduire la morosité. Dans quelques mois, les travaux du centre de recherche s'amorceront, ce qui accroîtra la mobilisation de nos équipes pour l'ensemble du projet du CHUM.

L'auteur est directeur général par intérim du CHUM.

Commentaires (2)
    • Ah, tiens, une réaction qui semble avoir été écrite sans aucune conviction sur une serviette de table.

      J'y travaille au CHUM, moi. On travaille comme des cabochons, peu importe le département et peu importe la fonction. Ajoutez une influence syndicale démesurée et voilà le résultat: de la frustration du plancher au plafond, partout, partout, partout et ce dès la première journée d'embauche. Essayez de faire en sorte qu'une tâche ne soit effectuée qu'une seule fois plutôt que 2, 3, 4 fois par 2, 3, 4 personnes différentes (introduisant par la même occasion 2,3,4 possibilités d'erreur(s) ); essayez de faire en sorte que certains employés soient disponibles plus qu'une seule journée par semaine; essayez de faire comprendre que le contenu d'une base de données ne devrait pas être imprimée 20 fois afin que chaque département ait sa copie de travail en format papier pour ensuite s'informer verbalement les uns les autres de toute modification faite localement; essayez de faire comprendre que d'envoyer un courriel à 50 personnes (simultanément) est plus efficace que de faire 50 appels téléphoniques (l'un après l'autre...) où on vous gardera en attente pendant 2, 3, 4 minutes chaque fois... Passons sous silence des ressources humaines qui mentent aux nouveaux employés pour les attirer, du favoritisme et des passe-droits évidents et à peine dissimulés, un climat de travail surchargé d'aggressivité et parfois de haine plutôt que d'entraide et de collaboration, et tous ces autres "irritants".

      Alors, c'est sans grande surprise qu' "on" réponde par la bouche de "canaux de communication fluides et continus" quand on en est encore à chercher une façon de garder ensemble toutes les informations relatives à un même patient. Il n'est pas étonnant non plus qu'on "propose un environnement de soins sécuritaires et de haute qualité" alors toutes les grilles de ventilation - incluant celles dans les chambres de patients fraîchement opérés - sont bouchées par l'accumulation de poussière et autres mousses de nature douteuse et quand les taches de sang dans les cages d'escaliers ou les flaques de m*rde dans les salles de bains ne sont pas nettoyées avant plusieurs jours. "Une épidémie de C.Difficile??? Comment ça??????"

      Le CHUM est en retard de 10 à 15 ans à tous les niveaux et la haute direction s'en contrefout. Ces gens sont bien trop haut dans la labyrinthique pyramide hiérarchique pour voir l'évidente réalité. Imaginez le ministre de la Santé, celui qui pourrait mettre son poing sur la table...

      Heureusement que l'on peut lire de belles affirmations sucrées en rassurantes comme celles du DG dans les journaux. C'est notre seule motivation.

    • Monsieur LeBlanc,

      Banaliser les problèmes du CHUM est inexcusable et témoigne d'un manque de respect flagrant envers les patients et les membres du personnel.
      En tant qu'ex-médecin du CHUM, je désire témoigner de la justesse des articles qui ont été écrits dans La Presse sur la situation du CHUM dans les derniers jours.

      Une patiente de St-Luc hospitalisée en néphro fait un infarctus. Transférée à l'Hôtel-Dieu pour sa coronarographie, mais il y a des complications et on désire l'observer pour 24h. Mais il n'y a pas de dialyse péritonéale à l'Hôtel-Dieu. Retour à St-Luc, puis re-transfert à l'Hôtel-Dieu.

      Un patient de St-Luc fait un hémorragie cérébrale. Le moindre mouvement peut faire augmenter sa pression intra-cranienne et le faire décéder. Et bien j'ai dû transférer ce patient en ambulance à travers les nids de poule de René-Lévesque jusqu'à Notre-Dame pour sa chirurgie. Inacceptable.

      Un patient fait des arythmies cardiaques menacant sa vie à St-Luc et voit sa pose de pacemaker retardée de 24h car il n'y a pas d'ambulance pour le transférer à l'Hôtel-Dieu. Nous nous croisions les doigts pôur ne pas qu'il nous face un arrêt cardiaque en pleine face. Le transférer aux soins intensifs? Pas de lit...l'unité coronarienne a été fermée à St-Luc!

      Ce ne sont plus des anecdotes, mais le quotidien des patients et des médecins du CHUM. Le départ de dizaines de médecins d'expérience du CHUM, écoeurés d'être obligés d'imposer de tels soins aux patients, ne doit plus être banalisé.

      Car à tout cela, s'ajoutent les problèmes "usuels" des hôpitaux québécois: engorgement des urgences, séjours de 48h en civière, pénurie d'infirmières et de personnel de soutien, manque de lits de soins intensifs.

      Il faut que des correctifs majeurs soient apportés. Et dès maintenant. La qualité des soins aux patients ne pas attendre jusqu'en 2016!

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