Cet acharnement des autorités à l'endroit des cyclistes est non seulement aberrant, il va à l'encontre de la tendance internationale.
En effet, autant en Europe qu'aux États-Unis, on observe la volonté inverse, soit celle de reconnaître la particularité des cyclistes et d'alléger la réglementation qui leur est destinée.
Le code de la sécurité routière n'a pas été pensé en fonction des cyclistes, mais bien des automobilistes. Il est temps de regarder la situation d'un autre oeil.
Au début des années 2000, la Belgique a adopté un code de la rue. À la base de ce code, un principe à la fois logique et brillant: l'obligation de prudence du plus fort au plus faible, soit du camion vers l'auto, de l'auto vers le cycliste et du cycliste vers le piéton. On a notamment permis aux cyclistes de rouler dans les deux directions dans les rues à sens unique. Les études ont montré que cette approche n'a pas provoqué plus d'accidents. La France étudie actuellement la possibilité d'adopter un code de la rue qui s'inspirerait du code belge. Certaines villes comme Strasbourg ont déjà adopté une réglementation pro-vélo, qui permet par exemple aux cyclistes de tourner à droite à un feu rouge.
Aux États-Unis, plusieurs États comme l'Iowa ont levé l'obligation, pour les cyclistes, de s'immobiliser aux arrêts. Les vélos ralentissent au stop et, s'il n'y a personne, ils peuvent poursuivre leur route. Aux feux rouges, ils font un arrêt mais peuvent repartir si la voie est libre. Cette nouvelle réglementation, qu'étudie actuellement la ville de San Francisco, permet une meilleure circulation à vélo et n'oblige pas les cyclistes à freiner sans cesse, ce qui, à la longue, peut devenir irritant pour les articulations.
Montréal devrait adopter cette attitude de «discrimination positive» à l'endroit des cyclistes. C'est la meilleure approche pour convaincre un plus grand nombre de personnes de se déplacer sur deux roues.












