Pour ce qui est de «retirer aux femmes des droits acquis de haute lutte», il faudrait savoir à quoi M. Duceppe fait référence. Le premier ministre a nombre de fois déclaré que son gouvernement n'avait aucune intention de rouvrir le débat sur l'avortement.
Il est vrai, comme l'a souligné le chef du Bloc, que Stephen Harper était favorable à l'intervention américaine en Irak. C'était une grave erreur. Mais cela ne fait pas de lui un complice des abus commis à Abu Ghraib ou à Guantanamo. Quant à la «politique belliqueuse» du Canada en Afghanistan que dénonce M. Duceppe, il faut rappeler que 40 pays participent à cette mission. Les gouvernants de la France, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark, etc. sont-ils tous des clones de George W. Bush ?
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Le Parti conservateur du Canada compte plusieurs membres qui sont très à droite. Il ne faut pas s'en étonner, toutes les formations ont leurs purs et durs. Ce qui est important, c'est le programme du parti, le lieu de ralliement, le consensus. Or, comme l'ont montré les deux années et demie du gouvernement Harper, ce lieu de ralliement ne se trouve pas à l'extrême droite mais au centre droit. La société canadienne est foncièrement modérée ; ceux qui la dirigent n'ont d'autre choix que de gouverner au centre, avec selon le parti et selon l'époque, tout au plus un léger accent à droite ou gauche.
Si Stephen Harper était membre du Parti républicain des États-Unis, il serait considéré comme un conservateur très modéré. Si Gilles Duceppe était membre du Parti démocrate, Barack Obama le percevrait sans doute comme un socialiste radical. Les cultures politiques du Canada et des États-Unis étant à ce point différentes, les parallèles qu'on peut tracer entre les politiciens des deux pays sont nécessairement limités.
La chef du Parti vert, Elizabeth May, a invité les électeurs canadiens à délaisser CNN pour s'intéresser davantage à la campagne électorale canadienne. Les politiciens d'ici devraient faire de même. Le bilan du gouvernement en place comporte bien assez de faiblesses pour être critiqué sans qu'on ait besoin de recourir au spectre de George W. Bush.















