Les faits révélés par les médias au cours des dernières semaines sont accablants. Les rapports du vérificateur général aussi.
Au cours des derniers mois, nous avons été informés des séjours de l'ancien président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, sur le yacht de l'homme d'affaires Tony Accurso.
M. Zampino a fait une intervention au conseil municipal pour défendre l'intégrité du processus d'octroi du contrat des compteurs d'eau. Ce contrat a été accordé au consortium GÉNIeau, codirigé par M. Accurso.
Nous avons également découvert que le changement de statut de la SHDM a été effectué sans l'accord du ministère des Affaires municipales et sans l'accord de la directrice des affaires juridiques de la Ville. Ce changement de statut a permis au directeur général de la SHDM, Martial Fillion, d'agir avec beaucoup de latitude, selon un rapport de la firme Deloitte qui confirme de nombreuses irrégularités dans la gestion de M. Fillion.
Ce dernier était proche du maire Tremblay: il a été son chef de cabinet en plus d'être le conjoint de la vice-présidente du comité exécutif de la Ville, Francine Sénécal.
Dans le cas de la gestion du projet Contrecoeur par la SHDM, les faits sont tellement troublants que le vérificateur général a recommandé la tenue d'une enquête policière.
Le même vérificateur général a soulevé des irrégularités dans 20 autres transactions immobilières menées par la SHDM.
L'enquête policière révélera peut-être d'autres faits troublants. Elle mènera peut-être à des accusations. Ou pas. À l'heure actuelle, il y a toutefois suffisamment de faits connus pour remettre en question le jugement du maire Tremblay. Sa tâche principale consiste à veiller au bon fonctionnement de la Ville. Or M. Tremblay a toujours affirmé qu'il n'était pas au courant de ce qui se passait à la SHDM. Il n'était pas au courant des voyages de son bras droit. Il a failli à sa tâche. Il n'a pas été vigilant, n'a pas suivi attentivement la conduite de deux projets d'envergure, soit le contrat des compteurs d'eau et le projet Contrecoeur. On ne s'attend pas à ce que le maire de Montréal sache tout ce qui se passe dans les moindres détails, et ce, dans tous les services de la Ville. On s'attend toutefois à ce qu'il suive de près des dossiers qu'il a identifiés comme étant prioritaires pour son administration. On s'attend également à ce qu'il sache s'entourer de gens de confiance. Si M. Tremblay avait fait preuve d'un tel aveuglement comme chef d'entreprise ou comme ministre, il aurait déjà quitté son poste.
M. Tremblay est un homme bienveillant qui a montré à plusieurs reprises son attachement pour Montréal. Il n'a toutefois plus la crédibilité nécessaire pour aspirer à un troisième mandat.
Il faut un autre maire pour diriger la Ville.
M. Tremblay devrait donc dès maintenant laisser la voie libre afin qu'un ou des candidats d'envergure puissent prendre une décision et faire le saut à temps pour le prochain rendez-vous électoral.
nathalie.collard@lapresse.ca















