La dernière inspection des tuiles thermoprotectrices d'Endeavour, mercredi, n'a rien révélé de suspect. «C'est l'un des vols où les tuiles ont été le moins endommagées», estime l'astronaute canadien Chris Hadfield, en entrevue à partir de Houston. «Depuis Columbia, il y a eu une vingtaine de vols et nous avons dû faire des inspections spéciales. Il a même fallu envoyer un astronaute faire une inspection rapprochée quelques fois. Mais les réparations ont été rares.»
En 2003, la navette Columbia s'était désintégrée au moment de son atterrissage, lorsque des gaz brûlants étaient entrés dans son aile gauche par un trou causé lors du décollage par un morceau d'isolant qui s'était détaché du réservoir externe de la navette. Depuis, la NASA impose deux inspections des tuiles thermoprotectrices au moment de l'arrivée en orbite, puis une dernière inspection avant le retour pour détecter des dommages causés par des météorites. Les inspections sont visuelles, parce qu'il n'y a pas assez de vols de la navette pour justifier la mise au point d'un logiciel automatique, et sont assurées par l'équipe de la NASA qui suit les débris orbitaux.
«On inspecte surtout les bords avant des ailes et le nez, qui sont exposés à des températures de 3000°C, dit M. Hadfield. Les autres sections restent pratiquement à la température ambiante. Sur les sections critiques, une faille de la taille d'un cheveu doit être réparée. Ailleurs, on tolère des encoches de quelques centimètres.»
Lors du lancement d'Endeavour, un nombre inhabituellement élevé de morceaux d'isolant ont été filmés, mais la NASA a avancé que des conditions atmosphériques particulièrement bonnes avaient favorisé leur détection. Des petites encoches ont été détectées sur les tuiles thermoprotectrices, mais aucune n'était assez grosse pour nécessiter un examen spécial, et encore moins une réparation.











