Halak coincé dans un rôle ingrat

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À l'aube de la saison, la plupart des analystes convergent vers une même... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Photo: André Pichette, La Presse

Marc Antoine Godin
La Presse

À l'aube de la saison, la plupart des analystes convergent vers une même conclusion: au-delà des nouvelles acquisitions du Canadien, c'est Carey Price qui fera la différence.

Et moi alors? doit se dire Jaroslav Halak.

Aux yeux de la direction, Price est l'incontestable numéro un. Et l'on a l'impression, avant cette nouvelle saison, que Halak n'y peut pas grand-chose.

 

«Dans la LNH, Halak est un jeune gardien bien coté; sauf qu'il n'a pas eu la chance de démontrer qu'il pouvait être un numéro un», a reconnu Jacques Martin, hier.

Mais lui donnera-t-on jamais cette chance? L'agent de Halak, Allan Walsh, répond que la crème finit toujours par remonter à la surface.

«Le fait de nommer un enfant chéri numéro un peut lui accorder 15 ou 20 matchs pour faire sa marque; mais s'il ne fait pas le boulot et qu'un autre gardien peut le faire, ça ne durera pas éternellement, soutient Walsh. Jacques Martin n'aimera pas perdre, les fans non plus. Et plus important, encore, les joueurs savent qui travaille le plus fort à l'entraînement et qui est le plus dur à battre.»

D'aucuns diront que la saison dernière, Halak a connu une meilleure campagne que Price, que sa série de quatre victoires à la fin de février a été déterminante dans le passage du Canadien en séries. Une vilaine grippe, à la toute fin du règne de Guy Carbonneau, a contraint Halak à l'inactivité. La porte qui s'était entrouverte s'est brusquement fermée. Et elle l'est toujours.

«Carey est notre numéro un, a insisté Jacques Martin. Cela dit, c'est important d'avoir deux bons gardiens. Halak bataille pour avoir du temps de glace et ses performances montrent qu'il est du calibre de la LNH.»

Avec 34 départs à son actif l'an dernier, Halak n'est pas un suppléant traditionnel. En fait, le Canadien est davantage dans une dynamique de gardiens 1A et 1B.

Ironiquement, les Panthers de la Floride, l'ancienne équipe de Jacques Martin, avaient une dynamique semblable l'an dernier. «Plusieurs estimaient que Craig Anderson avait été meilleur que Tomas Vokoun, a rappelé Allan Walsh. Or, Anderson ne voulait plus d'un rôle de gardien 1B et il a profité de l'autonomie pour devenir numéro un au Colorado.»

Halak, lui, n'est pas admissible à l'autonomie après cette saison, mais il sera néanmoins joueur autonome avec compensation. Ce statut, on l'a vu dans le dossier de Phil Kessel, confère un certain pouvoir de négociation au joueur.

Attendre 15 ou 20 matchs

À la veille du début de la saison, ne comptez pas sur Halak pour alimenter une controverse. D'abord parce que ce n'est pas son genre, mais aussi parce que Carey Price, en toute honnêteté, mérite la chance de se racheter en début de saison.

«La meilleure chose que Halak puisse faire est de jouer et de voir où il en est après 15 ou 20 matchs, estime Allan Walsh. Si Price connaît une série de mauvaises sorties, il y aura de la pression pour mettre le meilleur devant le filet. Car aucune équipe cette saison ne pourra s'en tirer en y allant à tout prix avec le même gardien.»

Comme quoi le rendement de Carey Price fera vraiment foi de tout!

 

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