Les entraîneurs de Valérie Maltais lui ont recommandé de patiner avec passion, sans pression, dimanche, aux Championnats du monde de patinage de vitesse sur longue piste. Ils lui ont dit de profiter du moment devant la foule de Calgary.

Plus détendue, la Québécoise a ainsi obtenu ses deux résultats individuels les plus satisfaisants des Mondiaux en se classant 6e du 5000 m et 10e du 1500 m.

Cette année, Maltais a connu la meilleure saison de sa carrière depuis qu’elle est passée de la courte piste à la longue piste, en 2018. Une campagne ponctuée de trois médailles aux départs groupés, d’un titre de championne au classement général de cette discipline, de deux podiums sur 3000 m et de trois à la poursuite par équipe. Les sensations étaient cependant moins bonnes aux Championnats du monde et elle n’a pas caché que ses attentes étaient plus élevées en vue de ce week-end.

Sa 10place du 3000 m l’a beaucoup déçue d’entrée de jeu. L’athlète de La Baie a ensuite décroché une médaille d’argent à la poursuite avec Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann. Une chute subie au départ groupé l’a reléguée au 16rang samedi.

Une journée très chargée a mis fin à la compétition, où l’énergie n’a pas manqué à la patineuse de 33 ans.

« J’étais contente de me réveiller et de sentir que j’avais de l’énergie, quasiment plus que samedi matin ! C’était un peu comme un deuxième souffle, a-t-elle décrit. Mon 5000 m, je l’ai fait en respectant la forme que j’avais. On est aux Championnats du monde, mais je n’ai pas essayé d’en donner plus que ce dont j’étais capable et j’ai terminé la course en me disant que c’est ce que j’avais dans les jambes. »

Elle a affiché un temps de 7 min 2,61 s à cette épreuve qui double sa vision depuis quelque temps. Elle ira d’ailleurs passer des tests à la fin du mois, pour savoir si des séquelles de commotions cérébrales sont à l’origine de ses symptômes.

La Néerlandaise Joy Beune a remporté la médaille d’or. Sa compatriote Irene Schouten a fini deuxième, suivie de la Tchèque Martina Sáblíková.

Maltais a participé à l’épreuve du 1500 m deux heures plus tard. Même après la course de cinq kilomètres qu’elle venait d’effectuer, à la fin des Championnats du monde, elle avait encore de l’essence dans le réservoir. Elle a même livré le meilleur départ de sa carrière sur cette distance et a fini en 1 min 54,99 s.

La Japonaise Miho Takagi, la Chinoise Mei Han et Joy Beune sont montées sur le podium.

« Je me sentais super bien et j’ai eu une bonne exécution. Je suis surtout une fille de longue distance, et ça prouve que quand tu n’es pas une sprinteuse, t’es capable de récupérer rapidement. Je suis très fière de la manière dont j’ai fait mon 1500 m et, surtout, de la façon dont j’ai conclu ces Mondiaux-là », a-t-elle souligné.

Comme quoi l’apprentissage continue pour la vétérane.

« J’ai su me prouver que j’étais capable de remonter [après le 3000 m]. Je n’ai jamais lâché. C’est ma passion du sport qui a parlé et c’est dans ces moments-là que je connais de bonnes performances. Ce sont de bonnes leçons que je peux tirer des Mondiaux. Commencer une compétition du mauvais pied, ça ne veut pas dire que le reste va mal aller. »

L’asthme d’Antoine Gélinas-Beaulieu refait surface

De tousser à en vomir à l’entraînement en raison de son asthme à monter trois fois sur le podium aux Championnats du monde : Antoine Gélinas-Beaulieu n’a jamais baissé les bras cette saison. Ses problèmes respiratoires ont cependant refait surface dimanche après qu’il s’est classé 16e du 1500 m.

On l’a vu à bout de souffle dans la dernière ligne droite et après qu’il a franchi l’arrivée. Le patineur s’est élancé dans la sixième paire et a signé un temps de 1 min 45,20 s pour finir à 3,76 s du vainqueur, l’Américain Jordan Stolz. Ce dernier a répété son exploit historique de l’an passé en étant couronné trois fois champion du monde au cours de la même année. Personne n’avait réalisé un tel fait d’armes avant lui.

Le Néerlandais Kjeld Nuis et le Norvégien Peder Kongshaug l’ont accompagné sur le podium.

« Je suis content de mon week-end et j’ai tenté le tout pour le tout au 1500 m, mais là, mon corps est dû pour une bonne récupération », a indiqué le Québécois à Sportcom, par messagerie, incapable d’échanger de vive voix en raison d’une crise d’asthme.

Comme on l’a mentionné, l’asthme de Gélinas-Beaulieu lui a causé bien des ennuis cette saison et est venu nuire à ses résultats.

Un des épisodes inquiétants est survenu lors d’une séance d’entraînement l’automne dernier, entre les Coupes du monde de Pékin et de Stavanger. L’équipe canadienne était alors en camp préparatoire en Espagne. Une sortie à vélo qui devait être légère s’est plutôt avérée très éprouvante pour Gélinas-Beaulieu. Même en marchant, il devait parfois s’arrêter, incapable de suivre son coéquipier Laurent Dubreuil en ville. Il est demeuré au lit pendant toute une semaine et le calendrier 2023-2024 s’annonçait particulièrement long à ce moment.

Son asthme lui a toujours apporté son lot de défis au cours de sa carrière, mais les crises se sont multipliées avec le temps. L’intensité des courses, les chambres d’hôtel poussiéreuses, la pollution dans les villes : l’athlète de 31 ans n’a pas eu beaucoup de répit en Coupe du monde.

« En début d’année, j’avais des crises d’asthme course après course. C’est un mal physique et mental. Tu te prépares à courser et tu n’as pas peur d’avoir mal durant la course ou de mal la gérer. T’as juste peur à la crise d’asthme que tu vas avoir après. C’était vraiment dur pour le mental », avait expliqué Gélinas-Beaulieu à la Coupe du monde de Québec, deux semaines avant la tenue des Mondiaux.

Le triple médaillé de la fin de semaine prend une nouvelle médication par injection depuis un peu plus de deux mois et commence à en ressentir les effets. Les efforts de dimanche semblent avoir atteint les limites de celui qui espère subir une bronchothermoplastie l’été prochain. Il s’agit d’une opération qui consiste à brûler les muscles bronchiques à l’origine des crises d’asthme et qui devrait grandement améliorer sa situation.

« Ça devrait m’aider à poursuivre le sport de haut niveau confortablement », avait-il précisé au Centre de glaces Intact Assurance.

Gélinas-Beaulieu a commencé les Mondiaux en défendant son titre de champion du monde au sprint par équipe, en compagnie de Dubreuil et d’Anders Johnson. Le lendemain, le trio qu’il a formé avec Connor Howe et Hayden Mayeur a remporté le bronze à la poursuite par équipe, puis samedi, il est devenu vice-champion du monde du départ groupé.

C’est donc dire qu’il a contribué à trois des dix podiums obtenus par la délégation canadienne à l’anneau olympique de Calgary, un record. Les autres médailles québécoises sont celles d’argent récoltées par Valérie Maltais et Laurent Dubreuil, à la poursuite féminine et au 500 m masculin.

Bloemen et Fish remportent l’argent et le bronze au 10 000 m

PHOTO JEFF MCINTOSH, LA PRESSE CANADIENNE

Ted-Jan Bloemen

Les Canadiens Ted-Jan Bloemen et Graeme Fish ont enfilé les médailles d’argent et de bronze à l’épreuve de 10 000 m des Championnats du monde de patinage de vitesse sur longue piste, dimanche à Calgary. L’Italien Davide Ghiotto a défendu son titre de champion du monde de la distance, qu’il a parcourue en 12 min 38,82 s. Bloemen a arrêté le chronomètre à 12 min 47,01 s et Fish, à 12 min 48,61 s. Âgé de 37 ans, Bloemen avait remporté la médaille d’or au 10 000 m aux Jeux olympiques de 2018. Il est trois fois vice-champion aux Mondiaux. Fish avait pour sa part remporté l’épreuve aux Championnats du monde de 2020, à Salt Lake City.

La Presse Canadienne