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L'agneau de Charlevoix: une première appellation contrôlée

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Ça y est. Après plus de 10 ans de travail, les producteurs d'agneaux de... (Photo: Érick Labbé, Focus1/Le Soleil)

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Photo: Érick Labbé, Focus1/Le Soleil

Stéphanie Bérubé
La Presse

Ça y est. Après plus de 10 ans de travail, les producteurs d'agneaux de Charlevoix obtiennent une indication géographique protégée. C'est la première appellation contrôlée du Québec et d'Amérique du Nord.

«Nous sommes prêts», a indiqué mercredi Lucie Cadieux, de la ferme l'Éboulemontaise. C'est d'ailleurs sur cette ferme des Éboulements que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Laurent Lessard, fera l'annonce officielle de la création de cette nouvelle appellation, jeudi prochain. L'avis a été publié dans la Gazette officielle il y a une dizaine de jours.

Pour l'instant, six producteurs font partie du regroupement qui est déjà prêt à livrer des agneaux selon le cahier de charges très strict qui a été développé avec le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants du Québec. Le regroupement espère que l'obtention de cette indication protégée incitera de nouveaux producteurs de la région de Charlevoix à le rejoindre étant donné que la demande, et les prix de la viande, vont augmenter avec cette nouvelle reconnaissance.

L'Agneau de Charlevoix profitera d'une période de dérogation, ce qui permet aux producteurs de vendre dès maintenant de la viande sous l'indication géographique protégée (IGP), même s'il reste quelques détails à régler. L'organisme d'accréditation doit notamment visiter tous les éleveurs pour s'assurer que les règles d'élevage établies sont bien respectées.

Reste que l'Agneau de Charlevoix, logo à l'appui, ne sera pas disponible à l'épicerie du coin d'ici peu. Pour l'instant, à Montréal, un seul commerçant du marché Jean-Talon vend la viande. À Québec, il n'y a aussi qu'un seul point de vente. Au-delà de la petite production qui commande une toute petite distribution, il y a le principe. «Les gens vont devoir venir l'acheter dans Charlevoix, dit Mme Cadieux. C'est un peu le bien-fondé d'une indication géographique protégée. D'amener des gens ici et de s'assurer que ça ait des retombées pour la région.»

L'Agneau de Charlevoix est nourri d'orge, d'avoine et de fourrage produits localement. Pas de maïs. Ce qui donne une viande tendre, moins grasse et pâle. Et il doit, évidemment, naître dans Charlevoix et y rester jusqu'à l'abattage.

L'IGP protège aussi des imitations les producteurs qui respectent scrupuleusement les normes d'élevage. Un agriculteur ne peut plus vendre de l'Agneau de Charlevoix sans être accrédité, sous peine de poursuites.

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