Plus une personne utilise son portable pour le travail, plus elle a des problèmes familiaux, affirmait l'étude, publiée dans le Journal of Marriage and Family.
Depuis, le concept même de télétravail a été réexaminé par les experts.
L'une des études les plus importantes sur le sujet, qui rassemblait 46 études précédentes totalisant 13 000 participants, apportait une nuance importante: le télétravail réduit bel et bien le stress lié au travail, mais seulement pour certains types de personnalité et s'il permet de réduire le nombre de déplacements vers le bureau.
«Nous pensons que la contribution la plus importante du télétravail à la diminution du stress est de réduire le temps qu'on passe dans les bouchons de circulation ou dans les transports en commun bondés», explique l'auteur principal de l'étude, Ravi Gajendran, professeur d'administration à l'Université de l'Illinois.
«Si le télétravail est fait moins de deux jours par semaine, on ne voit presque pas son impact sur le stress», ajoute-t-il.
L'autre problème du télétravail, quand il ne permet pas de passer deux jours ou plus à la maison, est qu'il peut occasionner un surcroît de travail.
«Beaucoup d'entreprises offrent à leurs employés de faire une partie de leur travail chez eux, en ne passant que quatre ou cinq heures par jour au bureau pour assister aux réunions», explique M. Gajendra, qui a publié son étude dans le Journal of Applied Psychology.
«Mais le risque est d'étirer un peu le temps passé au bureau, tout en ayant des choses à faire à la maison, ou pire, d'être constamment sur appel parce que l'employeur n'hésite pas à contacter en soirée ses employés travaillant de la maison, précise-t-il. La durée de la journée de travail devient tributaire des besoins du patron.»
Le télétravail permet aussi de réduire les conflits d'horaire travail-famille, par exemple les réunions avec les professeurs, les rendez-vous chez le médecin ou les soins à un enfant malade.
«Mais ce n'est pas tout le monde qui peut en bénéficier, dit M. Gajendran. Les gens qui ont un type de personnalité aimant bien séparer le travail et le reste de la vie vont avoir plus de stress avec le télétravail, parce qu'ils vont perdre leurs repères. Et ce, même si a priori ils peuvent plus facilement vaquer à leurs occupations personnelles.»
En 2005, une étude avait même découvert que les garderies au travail augmentaient le stress des gens ayant ce type de personnalité (les «segmenteurs»), parce qu'ils se sentaient coupables de ne pas aller voir leurs enfants pendant la pause-café.













