Fécondité: un niveau inégalé depuis 1976

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Mathieu Perreault
La Presse

 

«Ces dernières années, on croyait que la hausse récente de la fécondité était due aux naissances reportées, aux femmes qui avaient attendu plus tard pour avoir leurs enfants», explique Chantal Girard, démographe à l'Institut. «Mais on voit maintenant une hausse de la natalité chez les femmes de moins de 28 ans. Il se pourrait qu'il y ait un changement de comportement plus fondamental.»

Le nombre de naissances est passé de 84 200 à 87 600 entre 2007 et 2008, et l'indice de fécondité a grimpé de 1,68 à 1,74. Les régions les plus fertiles, qui frisent un indice de 2, sont la Côte-Nord, l'Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches et Lanaudière. Montréal traîne la patte avec 1,6 enfant par femme en âge de procréer. Selon Mme Girard, le nombre d'enfants plus élevé chez les femmes immigrantes n'a pas contribué à la récente hausse de la natalité, parce que celle-ci est répartie également partout dans la province, contrairement à l'immigration.

«On ne peut pas affirmer que le congé parental bonifié ou les garderies sont responsables de la hausse, observe Mme Girard. Mais on sait que l'augmentation dure depuis six ans, et que l'année d'introduction du congé parental, en 2006, a été celle où les chiffres ont le plus monté.»

Au Regroupement naissance renaissance, la coordonnatrice Lorraine Fontaine estime quant à elle que le congé parental est le principal facteur expliquant la récente hausse. Mais elle craint qu'il soit menacé par sa popularité, qui le rend de plus en plus coûteux. «Avec la crise financière, j'ai peur que les compressions se fassent sur le dos de choses que nous avons choisies collectivement, comme le système de santé, l'éducation, le congé parental, dit Mme Fontaine. Et la hausse du nombre de naissances rend encore plus aigu le manque de ressources comme des obstétriciens, des gynécologues, des omnipraticiens et des sages-femmes.»

S'agit-il d'un «mini-baby-boom»? «On est loin de ça, dit Mme Girard. À la fin des années 40 et dans les années 50, il y a eu jusqu'à 145 000 naissances par année. Mais on est sorti du creux de l'an 2000, quand il y a eu un creux historique de naissances: il fallait remonter à 1908 pour en avoir moins. Et en 2006, pour la première fois depuis 1959, le taux de fécondité au Québec a été supérieur à la moyenne canadienne.»

LES NAISSANCES AU QUÉBEC

1938: 78 145

1948: 114 709

1958: 143 710

1968: 100 548

1978: 96 202

1988: 86 358

1998: 75 865

2008: 87 600

(Source : ISQ)

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