Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde

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Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde

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Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

Agence France-Presse
Paris

Au moins un million de personnes se suicident chaque année dans le monde, soit un mort toutes les 40 secondes, selon un article à paraître samedi dans la revue médicale britannique The Lancet qui compile de précédentes études sur le sujet.

Le suicide représente la 10e cause de mortalité (1,5% des décès). La Chine a elle seule totalise plus de 30% des cas. Le phénomène est également préoccupant dans les états de l'ex-URSS.

En Europe, les taux de suicide sont généralement plus élevés dans les pays du nord, relèvent les auteurs de l'article, Keith Hawton (Centre de recherche sur le suicide, université d'Oxford, Royaume-Uni) et Kees van Heeringen (Unité de recherche sur le suicide, hôpital universitaire de Gand, Belgique). Un effet de la latitude sur le taux de suicide a d'ailleurs été montré au Japon, suggérant un impact de la durée d'ensoleillement quotidien.

Dans les pays développés, le suicide tue deux à quatre fois plus d'hommes que de femmes, et l'écart semble augmenter. En revanche en Chine, davantage de femmes que d'hommes meurent par suicide.

Dans la plupart des pays, les personnes âgées sont les plus concernées, même si depuis une cinquantaine d'années la proportion s'accroît chez les jeunes.

Le taux de suicide connaît un pic au printemps, notamment chez les hommes, et les personnes nées au printemps ou au début de l'été, particulièrement les femmes, ont un risque accru de suicide.

Les populations indigènes (par exemple les aborigènes d'Australie) ont des taux de suicide plus élevés, probablement due à une marginalisation sociale et des niveaux d'alcoolisation plus importants.

Sans surprise, les personnes sans emploi se suicident davantage que celles qui travaillent. Mais certains emplois semblent augmenter le risque, notamment les professions médicales ou para-médicales, qui ont un accès facile à des médicaments. Les anesthésistes apparaissent comme particulièrement à risque.

En général, les hommes ont recours à des moyens violents (pendaison ou arme à feu), les femmes privilégiant plutôt des méthodes comme l'empoisonnement. Mais en Asie du sud, l'immolation est répandue chez les femmes.

L'accessibilité semble un facteur déterminant dans le choix de la méthode. Aux États-Unis, le recours aux armes à feu est majoritaire. Dans les zones rurales des pays en développement, l'ingestion de pesticides est la principale méthode utilisée.

Les problèmes de santé mentale constituent un facteur de risque majeur. 90% des personnes qui mettent fin à leur vie souffriraient d'un trouble psychiatrique et la dépression augmente de 15 à 20 fois le risque.

Des antécédents familiaux de suicide doublent le risque pour les femmes. Les maladies comme le cancer, le sida ou la sclérose en plaques augmentent aussi le risque.

D'autres facteurs interviennent, comme les violences physiques et abus sexuels pendant l'enfance ou des événements comme les catastrophes naturelles ou le décès de célébrités, par exemple la princesse Diana.

En matière de prévention, les auteurs estiment que restreindre l'accès aux moyens de se suicider (barrières de protection sur les ponts, par exemple), peut s'avérer efficace.

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