L'exceptionnelle assiette québécoise

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Dis-moi ce que tu manges

[ Actualité ]

Dis-moi ce que tu manges

Que nous dévoilent les toutes dernières données sur les dépenses alimentaires des Québécois? »

Stéphanie Bérubé
La Presse

Les données de Statistique Canada sur l'alimentation pour l'ensemble du pays dissimulent la particularité québécoise, dit-on. On achète ici moins de marques maison, on cuisine davantage, on boit plus de vin (surtout du rouge) et on dépense plus pour l'épicerie que dans les autres provinces.

C'est toujours le cas. Mais les dernières données de la firme Nielsen pour le marché québécois nous font désormais douter du légendaire caractère distinct de l'assiette québécoise.«Il faut distinguer les actes gastronomiques du comportement alimentaire», tranche Jean-Pierre Lemasson, directeur du certificat en gestion des pratiques socioculturelles et de la gastronomie de l'UQAM. Environ 80% des Québécois sont citadins, dit-il. En ce sens, leurs habitudes alimentaires ressemblent à celles des autres citadins de la planète. Ils manquent de temps, achètent du prêt-à-manger. Il ne faut pas s'étonner de voir la consommation de yogourt et de fruits frais exploser ici. Ce sont des aliments parfaits pour le petit déjeuner, explique le sociologue. Ils sont sains et se consomment sans préparation.

«C'est le rapport à l'alimentation qui est différent», poursuit Jean-Pierre Lemasson.

Les Québécois fréquentent davantage des établissements «à service complet» lorsqu'ils vont au restaurant. Ils veulent s'asseoir et prendre le temps de manger. Ailleurs en Amérique du Nord, les repas à l'extérieur se prennent plus fréquemment dans les restos-minute. «La convivialité du repas est encore importante, ici», explique le professeur.

On valorise aussi l'aliment et le terroir, poursuit-il. «D'ailleurs, il n'y a pas de mot anglais pour traduire "terroir". On utilise l'"alimentation locale", mais ce n'est pas exact. Les anglo-saxons s'y intéressent plutôt sous un aspect santé. Ça n'a rien à voir avec la terre, dit-il. Alors que le produit du terroir a une âme et une valeur culturelle. C'est un concept très latin.»

«Le Québec est au carrefour de ce double système de valeurs, poursuit le sociologue. Nous avons trouvé une synthèse qui nous est particulière. Une originalité qui nous est propre.»

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