Niger: l'opposition crie à la «chasse aux sorcières» après des arrestations

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Agence France-Presse
NIAMEY

L'opposition au Niger a dénoncé samedi une «chasse aux sorcières», après l'arrestation de plusieurs anciens députés soupçonnés de «détournement de deniers publics».

«La Coordination des forces pour la démocratie et la république (CFDR) dénonce la chasse aux sorcières (...) de ses militants au mépris des règles de procédures judiciaires», indique le communiqué lu sur les radios privées. Selon la CFDR, «30 personnalités», essentiellement des opposants qui formaient le Parlement avant sa dissolution en mai par le chef de l'État, sont placées en garde à vue depuis jeudi dans un camp de la police à Niamey.

La CFDR «exige» leur libération et dénonce «le fallacieux prétexte» de «détournement de deniers publics» qui a permis ces arrestations «sur la base d'un rapport d'inspection «commandée à dessein par (le chef de l'État) Mamadou Tandja».

La coordination accuse le président de «détourner les moyens de répression de l'État à des fins de règlement de comptes politiques» et appelle «le peuple nigérien à la résistance».

«La vraie motivation de ces interpellations est politique (...) le régime a décidé de procéder à l'arrestation des députés qui ont décidé de réhabiliter l'Assemblée nationale», a estimé vendredi Mahamadou Issoufou, chef de file de l'opposition, sur les ondes de Radio France internationale (RFI).

Selon M. Issoufou, les députés ont été placés en garde à vue jeudi alors que 70 des 113 élus du Parlement avaient convoqué ce vendredi «une session extraordinaire» de l'Assemblée.

Mais une source judiciaire a expliqué à l'AFP que ces interpellations font suite à l'ouverture d'une enquête par le parquet consécutive à l'inspection des comptes du Parlement qui a révélé des irrégularités.

Elle a évoqué des faux marchés, des fausses factures et de faux frais de missions notamment estimés à une dizaine de milliards de CFÀ (environ 15 millions d'euros).

M. Tandja, 71 ans, a dissous le Parlement qui s'opposait à son projet de nouvelle Constitution, adoptée par référendum le 4 août et qui lui permet de se représenter autant de fois qu'il le souhaite. Des législatives sont prévues le 20 octobre.

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