Lectorat vieillissant
«Certes, la presse française partait de beaucoup plus bas que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne», dit Bernard Poulet. C'est pourquoi tous les indicateurs sont au rouge: en 40 ans, le pourcentage des plus de 15 ans lisant un quotidien en France est passé de 59 à 34%. Et 44% des lecteurs actuels ont plus de 50 ans. Depuis 1974, la diffusion «payante» est passée de 3,8 millions d'exemplaires à 1,9 million. Et le titre quotidien le plus lu est désormais un gratuit 20 minutes avec plus de 2,6 millions de lecteurs. Mais même aux États-Unis, le déclin est spectaculaire: en un demi-siècle, le nombre d'exemplaires payants est passé de 353 pour 1000 habitants à 183. L'âge moyen du lecteur: 55 ans. Un expert, Vin Crosbie, estimait en septembre 2008 que «plus de la moitié des 1439quotidiens américains n'existeront plus dans 10 ans, que ce soit sur le papier, sur le web ou en e-paper». Selon Bernard Poulet, «il y a une idéologie internet, qui privilégie l'information gratuite et spontanée, véhiculée par d'innombrables sites et les internautes. Mais c'est une information constituée d'opinions et de rumeurs, rarement de véritable recherche. La véritable information ne peut se passer de véritables rédactions, avec de vrais moyens. Et ça, ça ne peut pas être gratuit.»
Bernard Poulet, La fin des journaux et l'avenir de l'information, 217 pages, Gallimard 2009.












